Entretien avec Dominique Leclerc
Item
-
Titre de la conférence
-
Entretien avec Dominique Leclerc
-
Date de la conférence
-
26 March 2025
-
Résumé
-
La conférence présente une démarche artistique sur le transhumanisme et l’IA, mêlant enquêtes empiriques, performance et dispositifs participatifs pour questionner le contrôle, le consentement et l'espoir technologique. Elle s’appuie sur des terrains variés (biohackers, entretiens publics, récits autobiographiques) pour créer une « zone grise » entre adhésion et rejet. Théâtre et cinéma deviennent des outils de littératie numérique et de délibération démocratique, inspirés notamment par la Déclaration de Montréal sur l’IA responsable, afin de transformer les spectateurs en citoyens capables d’un consentement éclairé face aux technologies.
-
résumé thématique généré par IA
-
La conférence articule une démarche artistique-investigative centrée sur le transhumanisme et l'intelligence artificielle en tissant enquêtes empiriques, pratiques scéniques et dispositifs participatifs afin de problematiser contrôle, espérance technologique et consentement. L'oratrice retrace un continuum de terrains — rencontres avec biohackers berlinois, entretiens publics (notamment avec des figures de l'IA), cas autobiographiques (diabète, implants cochléaires) — pour construire une « zone grise » critique entre adhésion et rejet, où la médecine, la performance technologique et les récits transhumanistes se confondent. Le théâtre et le cinéma sont mobilisés comme espaces de littératie numérique et de prospective démocratique : formats longs, séquences de co-création avec le public et intégration de la Déclaration de Montréal visent à transformer spectateurs en acteurs informés capables d'exercer un consentement éclairé. Face à la vitesse d'obsolescence conceptuelle et à une techno-anxiété croissante, la démarche privilégie la friction conceptuelle et la mise en dialogue interdisciplinaire plutôt que des réponses définitives, propose des solutions pratiques (plateformes alternatives, ateliers) et souligne la nécessité d'espaces collectifs pour déployer nuance, débat et éducation civique autour des enjeux éthiques de l'IA.
-
Citation tirée de la conférence
-
J'ai commencé à faire la recherche à Berlin autour de 2014-2015, puis une des personnes que j'ai rencontrées, qui m'a beaucoup beaucoup inspirée, parlait de la création d'un troisième groupe. C'est-à-dire qu'il y avait des extrêmes qui étaient très très contre la technologie, puis d'autres qui embrassaient beaucoup de plein fouet la technologie, mais c'était toujours lié à une forme d'aveuglement. Donc, beaucoup de peur, beaucoup d'adhésion, mais peu de zone au centre. Donc, j'ai travaillé très fort à essayer de créer cette zone grise au centre, à créer un parcours cognitif du spectateur pour poser plus de questions que d'offrir de réponses.
-
Donc ça m'amuse d'essayer de tracer la ligne, parce que pour moi, en ce moment, la médecine traditionnelle est dans une logique de performance. Et quand des transhumanistes acceptent de porter le titre publiquement, souvent ils vont faire rire d'eux ou ne seront pas pris au sérieux, mais l'idée c'est que la technologie nous aide à prolonger la vie, arrêter la souffrance. C'est un peu ce que la médecine fait. Donc les lignes ne sont pas si claires que ça. Autant dans la médecine que dans les récits transhumanistes, je retrouve le même souci de performance, la même foi envers la technologie.
-
Personne ne pense pareil. Il y a des transhumanistes qui sont très progressistes. Il y en a qui sont au centre. Il y en a qui sont très à droite, à l'extrême droite. Donc politiquement, personne ne pense pareil. Ensuite, ce qu'on a envie de devenir, dans quel futur on se projette, il y a des similitudes, mais ce n'est pas la même chose pour tout le monde. Et le niveau d'adhésion non plus n'est pas le même. C'est-à-dire qu'il y en a pour qui c'est carrément presque une religion, une idéologie. Il y en a pour qui c'est un mouvement qui les intéresse.
-
En fait, je pense que l'élan pour nous, ce n'est pas de régler tous les problèmes, c'est de donner des outils aux gens pour prendre des décisions. Moi, ce que je tente de cultiver, c'est le concept de consentement. Après, ça ne me dérange pas que les gens choisissent telle ou telle option. Ce qui me dérange, c'est que les gens se fassent imposer des choses sans comprendre. C'est qu'on dise oui à des systèmes qui manquent de transparence. Donc, une fois que les gens sont plus au fait des choix, où on n'a pas toujours le choix, je veux qu'on puisse cultiver collectivement plus de consentement.
Annotations
There are no annotations for this resource.