Énonciation et modélisation dans l'IA générative, l'approche 3D (dire, dit, désigné)
Item
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Titre de la conférence
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Énonciation et modélisation dans l'IA générative, l'approche 3D (dire, dit, désigné)
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Date de la conférence
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18 March 2026
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Résumé
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Cette conférence de Bruno Bachimont interroge l’IA générative en partant d’une idée simple : elle produit des réponses, mais ne comprend pas le monde comme un humain. Il montre que ces systèmes travaillent sur des textes transformés en données et qu’ils peuvent recomposer du sens sans pour autant garantir la vérité ni l’expérience vécue. La conférence met ainsi en lumière les forces de l’IA, mais aussi ses limites, notamment les hallucinations et son absence d’ancrage dans le réel.
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résumé thématique généré par IA
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Bruno Bachimont articule une lecture critique et constructive de l'IA générative en montrant qu'elle excelle à produire des dits mais n'accède ni au dire performatif ni au désigné du monde : par tokenisation et plongement dans un espace latent vectoriel elle détextualise et décontextualise les contenus documentaires, construisant un modèle opératoire des documents capable d'extrapoler des données nouvelles mais non garantissant la véracité ni l'engagement énonciatif. En reprenant la distinction dire/dit/désigné, il souligne la séparation constitutive du calcul — qui suppose des entités déjà formalisées — et l'impossibilité pour une machine calculatoire d'être « jetée » dans un milieu vivant, condition de l'énonciation phénoménologique; simultanément, selon une perspective structuraliste, l'IA performe un agencement énonciatif en recomposant des symboles. De ces tensions découlent les hallucinations et la limite épistémologique de ces systèmes : d'excellents modèles documentaires, non des modèles du monde. Bachimont conclut que, loin d'être rejetée, l'IA doit être envisagée comme suppléance créative nécessitant une culture et une épistémologie de la donnée pour encadrer son usage et traduire son potentiel d'invention en pratiques cognitives et critiques adaptées.
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Citation tirée de la conférence
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Et donc évidemment l'IA Générative c'est une manière de la présenter c'est qu'on peut dire que c'est une capacité d'inventer des données qu'on n'a pas et de pouvoir à partir de là créer en fait de nouveaux contenus. Alors inventer les données qu'on n'a pas c'est pas une chose qui est aussi trivial que ça en a l'air parce que jusque là les outils d'IA en particulier Machine Learning, Deep Learning etc. étaient plutôt des outils de reconnaissance et classification.
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Donc les mots des documents deviennent des points de cet espace (latent). Alors, ce ne sont pas vraiment des mots, on va le voir tout de suite, ce sont des tokens. Et les questions qui utilisent ces mots vont permettre de calculer des points voisins comme réponse. C’est-à-dire la génération d’autres mots que les documents auraient pu dire mais qu’ils n’ont, en fait, pas dits. C’est-à-dire qu’on va pouvoir extrapoler au-delà de ces données. Et donc, ce qui est intéressant dans le paradigme de l’IA générative, c’est d’avoir inventé un espace qui permet d’abstraire les données, de passer des données d’origine puisque l’espace suffit, par sa représentation mathématique, à pouvoir répondre aux questions qu’on va lui poser. Et donc, d’une certaine manière, présenté de cette manière-là, l’IA générative n’est absolument pas une surprise, n’est absolument pas une rupture, n’est absolument pas une révolution au sein de l’IA générative. C’est tout simplement l’étape suivante du paradigme de la recherche d’informations. Pourquoi ? Parce que la recherche d’informations s’intéresse depuis toujours à l’information.
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L’IA générative n’a pas de monde, l’IA générative n’a pas d’être jetée. L’IA générative n’a qu’une situation abstraite de calcul sur laquelle elle donne un résultat de manière abstraite dans une situation.
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Et donc, l’IA va fonctionner comme un outil de suppléance, plutôt qu’un outil où on va avoir peur qu’il énonce à notre place, ou qu’il connaisse à notre place. En revanche, la conclusion sur laquelle je voudrais terminer, c’est de dire que c’est une suppléance, donc il serait dommage de s’en passer.
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L'IA est un très bel outil pour relancer l'inventivité expressive, mais qui reste à traduire en culture autour de cette nouvelle manipulation de l'expression.
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