Je est un ... ?
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- Titre de la conférence
- Je est un ... ?
- Conférencier
-
Erika Fülöp
- Date de la conférence
- 18 February 2026
- Résumé
- Erika Fülöp explore le défi que posent les récits à la première personne générés par l'IA. Le pronom « je » présuppose une personne qui parle et qui pense — or, un algorithme « dit je sans le penser » (Beckett). À travers l'analyse des processus d'écriture de Lado-McDowell, Chatonsky, Bayer, Marino et Gamisens, elle démontre que la co-écriture produit un third I — ni la machine, ni l'auteur seul. Elle propose une approche non-communicationnelle pour lire ces textes, et conclut que l'IA menace les fondements anthropologiques du récit : l'intériorité, la singularité stylistique et les variantes imaginatives personnelles.
- résumé thématique généré par IA
- La conférence explore les interactions entre l'intelligence artificielle (IA) et l'écriture à la première personne, en mettant en lumière les défis et les innovations dans la co-création littéraire. L'accent est mis sur la singularité du récit co-écrit avec des modèles de langage tels que GPT-3 et GPT-2, en soulignant les différences stylistiques et narratives que ces outils génèrent. L'analyse se concentre sur plusieurs œuvres expérimentales, dont celles de K.A. Lado-McDowell et Grégory Chatonsky, qui illustrent comment l'IA peut prolonger la pensée humaine de manière inattendue, créant ainsi un dialogue unique entre l'auteur et la machine. La discussion s'élargit pour aborder les implications éthiques et esthétiques de l'utilisation de l'IA en littérature, notamment en ce qui concerne la question de l'authenticité et de l'originalité stylistique. La conférence soulève également des questions sur l'impact écologique de l'IA et la nécessité d'une approche critique et expérimentale pour comprendre son rôle dans l'évolution des récits. En conclusion, elle appelle à une réflexion sur la manière dont ces technologies influencent notre conception de l'intériorité et du style littéraire, tout en reconnaissant le potentiel de l'IA à enrichir le paysage littéraire contemporain par l'exploration de nouvelles formes d'expression narrative.
- Micro résumé chronologique généré par IA
- Introduction et plan
- Pourquoi le pronom « moi »
- Narratologie cognitive
- Exemples de textes co-écrits
- Processus d'écriture avec IA
- Narration de surface
- Autres exemples et réflexions
- Impact des récits IA
- Éthique et esthétique
- Futur des récits IA
- Conclusion et remerciements
- Citation tirée de la conférence
- Les récits à la première personne avec une machine posent des questions, c'est qu'on ne peut pas faire sans, en tout cas on n'a pas l'habitude… Ce qui se passe ici, c'est que « Dire je. Sans le penser. » (Beckett, L'Innommable), il n'y a personne pour le penser quand il s'agit d'un algorithme, n'est-ce pas ?
- Il y a vraiment un processus dialogique qui fait produire ce troisième "I", on peut dire ce "third I", dans le sens que ce n'est ni juste le je de la machine, ni juste le je de la personne.
- Je pense que la façon dont on lit dépend, et doit dépendre en quelque sorte, de la façon dont le texte est écrit. C'est une grande observation, très banale finalement, mais ça se reconfirme à mon sens avec ces textes co-écrits.
- Cette approche nous demande d'empêcher nos automatismes de lecture qui concernent en particulier les personnages et la création du monde […] Quand il s'agit d'un participant algorithmique dans le processus de création, il est utile de regarder principalement ce qui se passe et comment le langage de ce récit est produit, puisque c'est ça qui finalement peut nous parler de la littérature, du point de vue de ses créations semi-artificielles, et nous projeter éventuellement une nouvelle lumière sur nos mécanismes littéraires qui ne sont pas toujours conscients.
- The key to understanding a fictional character is understanding what a person is. In your own mind, you have the prototypically best example of a person, and it is you. In the most basic sense, you know what it means to feel like, to have conscious awareness and subconscious thoughts, moods and inclinations. [...] Imaginary people are cognitively no different from these people. (Peter Stockwell, Cognetive Poetics)
- Cette notion de Douglas Hofstadter, qui est dans son livre, I Am a Strange Loop, où sa théorie, c'est ce qui distingue les humains des machines, des algorithmes, des ordinateurs, c'est la capacité à accepter la récursivité et la réflexivité. Ce strange loop qui fait exploser, qui fait littéralement péter, crasher les ordinateurs — quand on entre dans une boucle récursive, les logiciels crashent.
- Bayer dit que ce qui l'intéresse en particulier dans la langue allemande — puisqu'il aurait pu faire en anglais aussi, il écrit beaucoup en anglais — c'est que l'allemand est plus malléable et plus productif, ou plus ouvert à la création lexicale. On peut tout simplement coller deux mots et puis introduire un nouveau mot. Ces hapax sont très facilement gérables par la langue allemande, et c'est exactement ce qu'a fait le modèle, sans doute aussi orienté par les textes que Bayer lui a donnés dans le fine-tuning.
- Bibliographie de la conférence
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Cognitive Poetics: An Introduction
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L'Innommable
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Relatos con inteligencia (artificial)
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Hallucinate This! An Authoritized Autobotography of ChatGPT
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(Berlin, Miami)
-
Pharmako-AI
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Internes
- URL de la capsule de la conférence
- https://youtu.be/YlIIL8gAKu4
- Est relié à la séance
- L'intelligence artificielle et l'écriture à la première personne
- Item sets
- EdiSem (Travaux étudiants)
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| IA et pratiques narratives | Collection |
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