Pensée critique

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pensées critiques
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Démarche intellectuelle consistant à analyser et évaluer rigoureusement les informations, les arguments et les croyances afin d'en établir la validité.
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« À force d'être répété, par contre, un mensonge finit par être une vérité et c'est ansi qu'une uchronie prend racine et se déploie. Au delà de la dimension politique de la situation, on est en droit de se demander, compte tenu de l'utilisation abusive des médias sociaux pour répandre ses mensonges et balivernes, que peut-on dire des formes de la vérité, voire de notre expérience de la vérité sur Internet? Peut-on croire ce qui est dit, quand un personnage aussi important qu'un président des États-Unis peut mentir de façon éhontée, et non seulement mentir mais dans des exemples extrêment complexes d'une novlangue, prendre ces mensonges pour une vérité, des articles qui le contredisent pour des fake news et les journaux et chaînes de télévision qui vérifient le bien fondé de ses assertions pour des ennemis du peuple et de la démocratie. La meilleure façon de produire une désinformation efficace, l'ont bien saisi les idéologues, c'est d'inonder les médias littéralement de merde, de bruit et de fureur, de calomnies, d'énormités. Comme le dit Bannon : "To flood the zone with shit". » author self citation
« Alors, je leur ai dit "moi, je propose qu'on parle sur la thèse à l'ère post-numérique et surtout à l'ère de l'IA" . Qu'est-ce qu'une thèse maintenant à l'ère de l'IA et comment, en particulier, comment écrire une thèse, un mémoire de thèse à l'ère de l'IA ? Cette idée (...) est le fait que le Ministère de l'enseignement supérieur et l'Université Paris 8 ne disent rien sur ChatGPT et ses équivalents. C'est-à-dire tous les outils d'IA qui sont sur la planète et qui sont ouverts, nous n'avons pas reçu de notification indiquant que l'usage de ces outils, dans l'enseignement supérieur, est interdit. Pire encore, vous savez, dans l'UFR chez nous, dans notre faculté, nous avons des Masters en informatique, nous avons des Masters en intelligence artificielle et en cybersécurité. Lorsque mes collègues se sont rendus au ministère pour des raisons de recherche, on les a sollicité pour former le personnel du ministère sur l'usage de l'IA générative en particulier, c'est-à-dire dans l'écriture. Cela m'a interpellé. Cela veut dire que l'isage de l'IA, implicitement, est autorisée, au moins en France, jusqu'à présent. » author self citation
« Alors, juste pour resituer le débat, quand je parle d'éthique, je fais référence à la façon dont Deleuze a pu le présenter dans un certain nombre de ses cours. Notamment les cours sur Spinoza qu'il a fait à l'Université Paris 8, où il définit l'éthique comme la question du pouvoir d'agir. De quoi es-tu capable ? Qu'est-ce que tu peux faire ? C'est ça le point de vue éthique. Le point de vue éthique, c'est d'arriver à comprendre les situations, les contextes et à ne pas se mettre dans des situations qui nous amènent à expérimenter de la tristesse, mais au contraire choisir les situations qui nous apportent de la joie. Donc, la question du pouvoir d'agir, ce que je peux, qu'est-ce que je peux agir, c'est "qu'est-ce qui m'apporte de la joie ?" Et donc, ça entraîne une interrogation sur ce contexte pour essayer d'analyser un contexte, ce qui va pouvoir m'apporter de la joie. » author self citation
« Alors, moi, j'ai travaillé beaucoup sur la charte IA de la commission européenne pour l'efficacité de la justice du Conseil de l'Europe pour son opérationnalisation. Pour vous donner quelques éléments : elle a été conçue en 2018 à partir de travaux qui datent de 2016 - 2017, avec cinq grand principes - sur des droits fondamentaux, non discrimination, qualité et sécurité, transparence, impartialité et équité, et contrôle par l'utilisateur. » author self citation
« Ce qu'on a remarqué, c'est que ça suscite des inquiétudes fortes, des réactions fortes, des émotions fortes quand on fait visionner [des deep fakes] à des personnes, et on a l'intuition quand même que cela peut modifier la perception du vrai et du réel sur plusieurs plans, et notamment parce qu'il y a une perte de la référentialité. Ça bouscule un peu et ça trouble l'identité d'un sujet qui est devenu une marionnette, et c'est pour ça que ça impressionne, et évidemment ça questionne la crédibilité de toute vidéo. On pourrait dire peut-être même que c'est la spécificité du deep fake : que ça suscite une émotion plus forte qu'un texte ou qu'une image fixe qui serait fausse. » author self citation
« Ce qui m'intéresse, dans les productions créatives, c'est l'approche expérimentale que je propose d'explorer, de reprendre, d'identifier, d'interroger ces limites support, que ce soit la machine ou que ce soit autre chose comme de la feuille et de la page, interroger les limites que ces supports nous donnent, et comment voir si le contenu qu'on imprime, qu'on écrit, qu'on dessine est vraiment encré dans ce support ou est-ce qu'on peut en faire une abstraction et faire des choses différentes avec d'autres support et qu'est-ce qu'on peut faire après, au-delà de ces support. Notamment, au-delà de, je vais le dire comme ça spéculativement, d'une vision très centrée sur l'humain. Je crois qu'il est important de donner du poids à tout ce qu'on appelle en anglais "more than human" , plus qu'humain. C'est James Bridle qui le disait. Car je pense qu'en tant qu'humain capable de conscience, n'est-ce pas, nous avons la possibilité de justement de se projeter, de concevoir comment les insectes voient, par exemple. » author self citation
« Cela m'intéressait d'interroger des artistes qui étaient des pionniers, à l'époque, de l'inphographie ( "computer graphics" ) qui ont prédit, pour quelques uns, comment l'IA allait se positionner quelques années plus tard. Donc, je voulais leur demander comment ils voient, d'ici cinquante ans, le futur et comment ils voient ce qu'il va se passer après. C'est très spéculatif, mais ça m'intéressait, parce que l'idée n'est pas forcément de, si je demande la même chose à un futurologue ou à quelqu'un qui passe dans la rue comme ça, non, la différence avec SIGGRAPH, pour moi, était que comme Ken Perlin, que j'ai cité dans cette intervention, ce sont des personnes qui pensent vraiment comment cela peut être fait. C'est un chemin : il y a un algorithme, il y a un modèle, il y a une méthode, c'est-à-dire qu'il y a une manière de faire cela, plus ou moins. » author self citation
« Comme l'a affirmé Louise Merzeau, le régime de l'information relève aussi de mécanismes de croyance, et aucune preuve journalistique ou scientifique n'a jamais suffi à invalider une croyance. Acceptée socialement, la situation ainsi instaurée diminue la facilité de l'exercice critique pour la légitimation des contenus. Les individus sont aujourd'hui plus motivés par le partage instantané des clashs que par la construction collective des connaissances communes et malgré une contribution à Wikipédia, par exemple. » author self citation
« Comme le suggère Sabine Süsstrunk, qui est directrice de recherche en informatique des images dans un institut en Suisse, j'ai relevé, dans un récent interview qu'elle produit avec une historienne de la photographie qui s'appelle Estelle Blaschke et un artiste Armin Linke, qu'elle propose, elle formule un doute sur la véracité des images et qui peut servir de constat de départ pour examiner, justement, la photographie contemporaine. Je lis en quelques lignes son propos : "Mais c'est ça le truc, vous savez ce que c'est un "deepfake" ou est-ce que ce n'est pas un "deepfake" ? Ce sont des questions que nous devons nous poser. Un portrait artificiellement généré est en tout cas un "deepfake" , mais une photo de moi avec un nouveau rouge à lèvres ou de nouvelles lunettes est-ce un "deepfake" ? D'un côté, mais oui ! Ce ne sont pas mes lunettes et je ne porte jamais de rouge à lèvres. Cela devient donc problématique. Je pense que la société a appris que les "fakes" existent, mais nous ne savons pas encore ce que nous faisons de cette connaissance." Donc, pour Süsstrunk, plutôt que d'établir des distinctions formelles entre le vrai et le faux, il serait nécessaire, en réalité, de comprendre les rapports entre documents photographiques et trucages, du point de vue d'un examen des modalités de production de l'image. C'est-à-dire, depuis l'infrastructure de l'image. Or, les médias génératifs sont aussi des médias computationnels, c'est-à-dire qu'ils sont les produits de calculs. Comment alors penser l'authenticité de ces images ? » author self citation
« Dans les années 60, pour moi, il y. a une grande révolution qui est arrivée. Bien sûr, c'est l'éclatement des formes artistiques, surtout au point de vue des arts visuels, la question des happenings, etc. Et donc, la scène des arts vivants, le théâtre avec Leaving theatre, notamment. On regarde les performances du Leaving theatre dans les années '60-'70 (...). Et on est fasciné de voir que, justement, cette fois-là, ce sont des acteurs qui sont présents sur scène, mais qui agissent aussi en tant qu'eux-mêmes. Et donc ils se présentent et ce n'est pas juste la question d'une réalité fictionnelle. On n'est plus dans la fiction. Ils sont en train de faire des actions et ils provoquent des spectateurs d'une certaine manières, des dialogues, etc. Mais toujours en leurs noms. Alors, juste pour comprendre que cette fois-là, la réalité n'est plus juste une réalité de fiction, mais une réalité concrète dans laquelle la personne qui est sur la scène, se joue elle-même bien souvent, peut endosser des personnages qu'elle veut, mais encore encore facilement pour dire "voici la réalité" . » author self citation
« Donc, ce qui m'intéresse dans l'étude de ces approches computationnelles qui sortent aujourd'hui et qui sont très à la mode, ce n'est pas du tout de les utiliser. Je trouve que d'un point de vue heuristique, ils ne sont pas très intéressants ou ils n'apportent pas grand chose, du moins pour le moment, à mon raisonnement scientifique. Pour le dire très vite, je ne parle, en particulier, pas de toutes les approches algorithmiques, car il y en a plein qui m'intéressent. Il y a des approches algorithmiques pour calculer les prochaines éclipses du soleil. Ça c'est très intéressant et ça existe depuis très longtemps. Mais en 2017, on a inventé les transformeurs, avec l'article "Attention is all you need". Ces trucs là, pour moi, actuellement, ils ne servent absolument à rien d'un point de vue scientifique, mais ils sont très intéressants, si on les étudie, pour mieux comprendre nos modèles de comportements intelligents. C'est-à-dire qu'on peut les étudier pour "qu'est-ce que ça nous dit cet algorithme-là." Par contre, il faut aller, un peu, dans les détails. On ne peut pas juste utiliser ChatGPT et puis dire ce qu'il me dit par rapport au comportement intelligent, non. » author self citation
« Donc, en disant que l'objectivité c'est un mythe, puis en affirmant par le même texte que, par contre, on a démontré scientifiquement qu'il y a de l'inégalité homme-femme, voyez-vous, c'est un tissus de contradiction. La question qui se pose pour le sociologue des sciences que je suis c'est comment expliquer que des gens s'auto-contredisent sur des niveaux aussi élémentaires et que ce sont des professeurs d'universités. Ça, ça fait partie de mes objets de recherche de dire que la rationalité élémentaire, qui vont contre leurs propres intérêts [...] et ce qu'ils écrivent sont complètement une contradiction dans les termes. » author self citation
« Donc, je vous laisse avec cette petite citation d'une artiste qui dit : " I want AI to do my laundry and dishes so that I can do art and writing, not for AI to do my art and writing, so that I can do my laundry and dishes. " (Joanna Maciejewska). [...] C'est quand même une question de savoir finalement ce qu'on attend de cette IA. Est-ce qu'on attend d'elle qu'elle soit créative et qu'elle se substitue à nous en tant qu'auteur ou est-ce qu'on attend des IA qu'elles soient vraiment des éléments fonctionnels qui nous libère du temps pour la créativité et pour des activités qui pour nous ont du sens et de la valeur. » author self citation
« Et même au sein du public en général, le concept de vérité n’a plus le pouvoir de ralliement qu’il avait, en raison justement des abus font il a été l’objet de la part de ceux mêmes qui s’en faisaient les champions. Qu’on pense aux comportements de certains prêtres catholiques, ou à cette mémorable présentation […] devant l’ONU du secrétaire américain à la défense Colin Powell, qui a fait basculer la diplomatie internationale en 2003 à partir d’images floues présentées comme des preuves incontestables – comme une vérité, donc – de la présence d’imposantes quantités d’armes de destruction massive en territoire iraquien, ce qui a évidemment lancé la deuxième guerre d’Iraq. » author self citation
« Il parlait d' "uncanny valley" comme d'un élément narratif. Nous avons tous déjà expérimenté cette sensation de voir un robot qui nous parle, mais en même temps, on voit que le robot est un peu étrange. On essaie de le comprendre, de sympathiser, enfin de se projeter. Mais en même temps que cette empathie, nous avons une répulsion. L' "uncanny valley" , ça définit cela. Finalement, on constate que ce n'est pas réaliste vraiment, que c'est plutôt du côté étrange. C'est quelque chose qui a commencé en 1970 déjà, par un auteur au Japon, Masahiro Mori, dans l'univers des robots et de la cybernétique. Le film que je vous ai montré (Stina and the Wolf), la notion d' "uncanny valley" servait aux personnages, un peu comme un peu David Lynch le fait dans ses films, pour représenter une émotion. Dans le fait que le héros, le personnage principal, est en train de le sentir, il se confronte contre lui-même. Puis, le drame se reçoit à la fin. » author self citation
« Il y a des formes variées de déformation de l'information qui prennent effet dans les fake news, dont certaines vont emprunter des codes à l'information médiatique et, d'autres, vont emprunter des codes à la fiction. Et tout cela correspond à des zones grises de l'information et à une forme d'information qui est hybridée. J'ai réfléchi à cela récemment, c'est encore en processus, mais c'est proche de ce qu'on apepelait (ou qu'on appelle encore) des docu-fictions ou des documenteurs avec, par exemple, ce documenteur intitulé Opération Lune de William Karel (2002) et passé sur Arte. Cela raconte que peut-être les Américains ne sont peut-être pas allés sur la Lune. » author self citation
« Je vais commencer par une distinction qui est au cœur de ma définition de la puissance du faux. C'est une distinction oppositionnelle proposée par Deleuze dans ce qu'il appelle "la narration véridique" qui prétend au "vrai" et "la narration falscifiante" qui abandonne cette prétention pour mieux en libérer "les puissances du faux" . Pour Deleuze, la narration véridique, c'est donc celle qui déploie un récit, qui présuppose des enchaînements logiques entre les plans filmiques et des rapports de causalité, qui lie des personnages, des objets, des situations qui sont clairement identifiables. Donc, il ne s'agit pas de penser le dualisme vrai / faux du point de vue du régime de la fiction. Je cite, je l'aime beaucoup, le théoricien Thomas Pavel pour qui la fiction déploie des mondes "incomplets, car on ne saura jamais combien d'enfants a lu Lady Macbeth (...) Inconsistants, car les phrases suivantes sont toutes les deux vraies : 1) Sherlock Holmes habitait Baker Street. 2) Sherlock Holmes n'a jamais habité Baker Street. Irrémédiablement imaginaire enfin, car en cas de besoin d'un détective privé, nul ne cherchera les services de Sherlock Holmes" (Pavel, 1988, p.98) Mais pour Deleuze, il ne s'agit pas de parler de la fiction en terme de vrai ou de faux. Lui, ce qui l'intéresse, c'est la tension entre le véridique et le falsifiant que je vais expliquer tout de suite. » author self citation
« L'approche de l'esprit critique que je propose consiste à non seulement viser des compétences formelles de raisonnement, mais au-delà de cela, elle implique de considérer d'autres dimensions de l'esprit critique, comme la qualité de questionnements et l'élaboration d'hypothèses. Le fait d'être capable de problématiser. Cela nécessite aussi de prendre connaissance des cadres de référence de construction des connaissances, de l'épistémologie, et des informations mobilisées, c'est-à-dire de prendre connaissance de l'environnement numérique. Et puis, moi, je défends une approche qui implique et qui embarque des capacités interprétatives que je développe comme compétences créatives dont l'imagination, l'intuitivité et la réflexivité, dans la lignée des travaux de Walters (1990). » author self citation
« L'IA génératif suscite des rhétoriques, des imaginaires sociaux dans la sphère médiatique et dans l'espace social. Elle s'inscrit donc dans un contexte d'hypermnésie ayant institué, on le sait, une crise de la vérité où les valeurs d'authenticité, de légitimité et d'autorité sont mises à mal. Les "deepfakes" sont utilisés à des fins de tromperie et de manipulation pour générer des fausses nouvelles, des canulars, en faisant émerger de nouvelles formes d'exploitation qui mettent en jeu plusieurs aspects de la vie sociale. Ces falsifications algorithmiques deviennent problématiques lorsqu'elles circulent dans un écosystème socionumérique déjà fragile où il est de plus en plus difficile de distinguer le vrai et le faux. » author self citation

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