Ironies of Automation
Item
- Titre (article, livre complet, chapitre de livre, publication réseaux sociaux, pageWeb, SiteWeb complet, etc.)
- Ironies of Automation
- Auteur de la référence bibliograpique
- Lisanne Bainbridge
- Date de publication (AAAA ou AAAA-MM-JJ)
- 1983-11
- Résumé
-
Cet article examine les façons dont l'automatisation des procédés industriels, loin d'éliminer les problèmes liés à l'opérateur humain, tend à les amplifier. L'autrice ouvre en rappelant la définition de l'ironie, soit une combinaison de circonstances dont le résultat est le contraire exact de ce qu'on pouvait attendre.
Le point de départ est un paradoxe déjà formulé dans la littérature du domaine : même les systèmes très automatisés, comme les réseaux électriques, ont besoin d'êtres humains pour la supervision, l'ajustement, l'entretien, l'expansion et l'amélioration. Les systèmes automatisés demeurent donc des systèmes humain-machine. L'autrice en tire une proposition centrale : plus un système de contrôle est avancé, plus la contribution de l'opérateur humain peut devenir cruciale.
Deux ironies tiennent au regard que le concepteur porte sur l'opérateur, jugé peu fiable et inefficace, donc à éliminer. La première est que les erreurs de conception constituent elles-mêmes une source majeure de problèmes d'exploitation. La seconde est que le concepteur qui cherche à éliminer l'opérateur lui laisse malgré tout les tâches qu'il n'a pas su automatiser, de sorte que celui-ci se retrouve avec un assemblage arbitraire de tâches pour lesquelles on a peu réfléchi à l'aide à lui fournir.
L'article détaille ensuite ce qui arrive aux compétences. Les habiletés motrices se dégradent lorsqu'elles ne servent plus, si bien qu'un opérateur autrefois expérimenté, devenu surveillant d'un procédé automatisé, redevient inexpérimenté. Or lorsqu'une reprise manuelle s'impose, c'est que quelque chose ne va pas dans le procédé, et il faudrait alors une personne plus compétente que la moyenne et dont la charge de travail serait moindre. Les compétences cognitives subissent le même sort : la récupération efficace des connaissances en mémoire dépend de la fréquence d'usage, et ce type de savoir ne se développe que par la pratique accompagnée d'une rétroaction sur son efficacité.
La surveillance elle-même est décrite comme une tâche impossible. Les études sur la vigilance montrent qu'aucun être humain, même très motivé, ne peut maintenir une attention visuelle efficace pendant plus d'une demi-heure sur une source où il ne se passe presque rien. L'autrice formule ici l'ironie la plus sérieuse : le système automatique a été installé parce qu'il fait le travail mieux que l'opérateur, et l'on demande pourtant à cet opérateur de vérifier qu'il fonctionne correctement. Si les décisions peuvent être entièrement spécifiées, l'ordinateur les prend plus vite et sur davantage de dimensions, et il n'existe aucun moyen pour l'humain de vérifier en temps réel que la machine suit ses règles. On ne peut donc lui demander qu'un jugement de méta-niveau sur le caractère acceptable des décisions. Et si l'on recourt à la machine parce que le jugement humain est jugé insuffisant dans ce contexte, la personne chargée de surveiller reçoit une tâche impossible.
L'article aborde aussi les effets sur le statut. Lorsque le travail est déqualifié parce qu'il se réduit à de la surveillance, cela devient difficile à assumer pour les personnes concernées : le poste est à la fois très ennuyeux et très responsable, sans qu'aucune occasion soit donnée d'acquérir ou de maintenir les qualités nécessaires pour assumer cette responsabilité.
La suite propose des pistes de solution : dispositifs d'alarme et affichages de soutien à la surveillance, pratique manuelle régulière ou entraînement sur simulateur, formation portant sur des stratégies générales plutôt que sur des réponses spécifiques. L'autrice y ajoute une remarque acide : il est ironique de former les opérateurs à suivre des instructions, puis de les placer dans le système pour y fournir l'intelligence.
Une dernière section porte sur la collaboration entre humain et ordinateur, et écarte l'approche consistant à répartir les tâches selon ce que chacun fait le mieux, jugée désormais insuffisante parce qu'elle ne considère ni l'intégration des deux ni le maintien de l'efficacité de la personne. L'autrice y souligne que suivre un conseil rend les réactions plus lentes et moins intégrées que si l'on génère soi-même la séquence d'action, et que l'on n'y acquiert aucune pratique de l'intelligence.
L'article se referme sur la formule qui lui donne sa portée : l'ironie finale est peut-être que ce sont les systèmes automatisés les plus réussis, ceux dont on a le plus rarement besoin d'intervenir manuellement, qui pourraient exiger le plus grand investissement dans la formation de l'opérateur humain. - Numéro (revues scientifiques)
- 6
- Volume (revues scientifiques)
- 19
- Maison d'édition / Nom de la revue scientifique / Nom du site Web / Nom de l'institution universitaire (thèses) / Institution d'un rapport, etc.
- Automatica
- Intervalles des pages (articles)
- 775-779
- Nombre de pages (livres)
- 5
- Format, type de document (ex: image, publication textuelle, vidéo, etc.)
- Quel type de publication sur réseau social (ex: statut Facebook, statut Twitter, etc.)
- Article scientifique
- URL (adresse Web)
- https://doi.org/10.1016/0005-1098(83)90046-8
Linked resources
| Title | Class |
|---|---|
RAISE Health Symposium 2025 |
Annotations
There are no annotations for this resource.


