Institutional Ecology, 'Translations' and Boundary Objects: Amateurs and Professionals in Berkeley's Museum of Vertebrate Zoology, 1907-39

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Institutional Ecology, 'Translations' and Boundary Objects: Amateurs and Professionals in Berkeley's Museum of Vertebrate Zoology, 1907-39
Auteur de la référence bibliograpique
Susan Leigh Star, James R. Griesemer
Date de publication (AAAA ou AAAA-MM-JJ)
1989-08
Résumé
Cet article propose un cadre d'analyse pour comprendre comment une entreprise scientifique parvient à coordonner des mondes sociaux hétérogènes sans que ceux-ci s'entendent sur la nature de ce qu'ils font.

Les auteur·rices partent d'une tension qu'ils disent centrale en science. Le travail scientifique est hétérogène, mené par des acteurs très divers, et il exige en même temps la coopération, afin de produire des savoirs communs et fiables d'un domaine et d'un lieu à l'autre. Contre le mythe d'un consensus imposé par la nature, ils soutiennent que l'observation du travail réel ne révèle aucun consensus de ce genre, et que le consensus n'est nécessaire ni à la coopération ni à la réussite du travail.

L'étude porte sur le Museum of Vertebrate Zoology de l'Université de la Californie à Berkeley, fondé en 1908 par la naturaliste amateure et mécène Annie Montague Alexander et dirigé par le zoologiste Joseph Grinnell. Les travaux du musée ont mobilisé des administrateur·rices universitaires, des scientifiques professionnel·les, des collectionneur·euses amateur·es, des trappeur·euses, des mécènes, des défenseur·euses de la nature, ainsi que les animaux eux-mêmes, devenus spécimens. Chacun de ces mondes poursuivait des objectifs distincts. Alexander, Grinnell et les clubs de naturalistes amateur·es partageaient le souci de préserver une nature californienne menacée par l'avancée du peuplement. Grinnell y ajoutait celui d'établir un centre d'autorité scientifique sur la côte ouest. L'université y voyait un apport de prestige et de financement. Les trappeur·euses, eux, échangeaient des peaux contre de l'argent.

Prolongeant le modèle de l'intéressement de Latour et Callon, mais en refusant son caractère unidirectionnel, les auteur·rices proposent une approche écologique où plusieurs points de passage obligés sont négociés simultanément avec plusieurs types d'allié·es. Deux dispositifs, selon elles et eux, ont permis la traduction entre ces points de vue.

Le premier dispositif est la normalisation des méthodes. Les protocoles de collecte, d'étiquetage et de prise de notes conçus par Grinnell étaient à la fois exigeants et simples, apprenables sans formation en biologie professionnelle et rendaient exploitables les données recueillies par les amateur·es pour les scientifiques. En portant sur le comment plutôt que sur le pourquoi, ils fournissaient une langue commune sans exiger d'accord théorique.

Le second dispositif est le développement d'objets-frontières. Les auteur·rices définissent ces objets comme assez plastiques pour s'adapter aux besoins locaux et aux contraintes des différentes parties qui les emploient, et assez robustes pour maintenir une identité commune d'un site à l'autre. Faiblement structurés dans l'usage commun, ils deviennent fortement structurés dans l'usage local. Ils revêtent des significations différentes selon les mondes, tout en conservant une structure suffisamment partagée pour être reconnus et discutés. Leur création et leur gestion constituent, selon les auteur·rices, un processus clé du maintien de la cohérence entre des mondes sociaux qui se croisent.

Quatre types d'objets-frontières sont décrits. Les dépôts, comme une bibliothèque ou un musée, où chacun puise sans avoir à négocier les différences de but. Les types idéaux, comme le concept d'espèce, abstraits et vagues et pour cette raison adaptables localement. Les frontières coïncidentes, comme la Californie elle-même, dont les cartes des amateur·es et celles des biologistes partagent le même contour mais non le même contenu. Et les formulaires normalisés, qui font circuler une information inchangée sur de longues distances.

L'article conclut sur la question qui l'organise : comment l'hétérogénéité et la coopération peuvent-elles coexister, et avec quelles conséquences pour la gestion de l'information.
Numéro (revues scientifiques)
3
Volume (revues scientifiques)
19
Maison d'édition / Nom de la revue scientifique / Nom du site Web / Nom de l'institution universitaire (thèses) / Institution d'un rapport, etc.
Social Studies of Science
Intervalles des pages (articles)
387-420
Nombre de pages (livres)
34
Format, type de document (ex: image, publication textuelle, vidéo, etc.)
PDF
Quel type de publication sur réseau social (ex: statut Facebook, statut Twitter, etc.)
Article scientifique

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