Le bâtiment somnifère : l'architecture comme instance rêvante

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titre du projet
Le bâtiment somnifère : l'architecture comme instance rêvante
Anjara Mamisoa Rafidison
Nom de l'artiste
Anjara Mamisoa Rafidison
Date de production
2018
Genre de l'oeuvre
Projection monumentale sur façade architecturale (media façade)
Courte description du projet artistique
Cet ensemble correspond spécifiquement à WDCH Dreams (2018), projection sur la façade entière du Walt Disney Concert Hall conçu par Frank Gehry, à l'occasion du centenaire du Los Angeles Philharmonic, à partir de 77 téraoctets d'archives de l'orchestre. La question motrice y est explicitement architecturale : « Une bâtisse peut-elle rêver ? ». Cet ensemble se distingue des deux précédents en ce que l'instance fictivement dotée d'intériorité n'est plus la machine en général (ensemble 1) ni un fonds documentaire visuel (ensemble 2), mais le bâtiment lui-même, érigé en quasi-sujet narratif dont la façade devient la surface d'expression d'une mémoire institutionnelle (celle de l'orchestre). Sa relation à l'espace est constitutive : l'œuvre n'existe que par et sur l'architecture ; sa relation à la technologie est celle d'une projection monumentale pilotée par un modèle entraîné sur les archives de l'institution qui occupe le bâtiment.
Enjeux et/ou intrigues
L'enjeu est commémoratif et institutionnel : donner une forme sensible au centenaire de l'orchestre en utilisant la mémoire sonore et visuelle archivée. Élément principal : la personnification du bâtiment comme entité capable de « rêver » sa propre mémoire institutionnelle ; élément secondaire : la valorisation de l'architecture de Frank Gehry comme écran vivant.
Personnages
Le bâtiment (Walt Disney Concert Hall) fonctionne comme quasi-personnage — le titre et le discours de présentation lui attribuent explicitement la capacité de « rêver ». Il s'agit d'une personnification rhétorique du monument.
Racontabilité (Ryan)
Élevée sur le plan symbolique et médiatique (un bâtiment emblématique de Los Angeles qui « rêve » pour un centenaire constitue un événement hautement racontable et relayé par la presse), plus faible sur le plan strictement diégétique interne, comme pour les ensembles précédents.
Identification (Metz)
Le mécanisme le plus proche serait une identification symbolique du public à l'institution commémorée (l'orchestre, la ville de Los Angeles) via la personnification du bâtiment, mais ceci reste une hypothèse interprétative.
Niveaux de narration / récits enchâssés / métalepse / mise en abyme (Branigan et als.))
Mise en abyme institutionnelle marquée : l'orchestre dont les archives nourrissent le modèle est aussi l'institution commémorée par la projection ; le bâtiment qui abrite l'orchestre devient le support de sa propre mémoire sonore projetée sur lui-même.

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Machine Hallucinations

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