La genèse algorithmique de la ville hallucinée

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titre du projet
La genèse algorithmique de la ville hallucinée
Nom de l'artiste
Anjara Mamisoa Rafidison
Date de production
2016-09
Genre de l'oeuvre
Art génératif procédural | démonstration technico-artistique de traduction image-à-image
Courte description du projet artistique
Cet ensemble désigne le processus technique constituant le cœur opérationnel du projet : la traduction d'une tuile cartographique ou d'un croquis dessiné à la main en une image satellite plausible, ainsi que le transfert de style d'une ville de référence vers une autre. Sa place dans l'œuvre est centrale : c'est ce processus, documenté par la galerie d'exemples, qui constitue l'apport principal du projet. Sa fonction narrative relève d'un proto-récit de transformation ou de métamorphose — un dessin minimal devient une ville visuellement plausible — relevant d'un schéma narratif minimal plutôt que d'un récit développé avec péripéties. Sur le plan de sa relation à l'espace et à la technologie, la technologie constitue ici l'espace même où s'opère la métamorphose : l'espace urbain généré est le résultat direct et visible du processus algorithmique, contrairement à l'ensemble 1 où la technologie restait extérieure au texte cité. Ce qui distingue cet ensemble du premier est son caractère variable et répétable (illustré par de multiples exemples dans la galerie), par opposition au texte fixe cité une seule fois.
Enjeux et/ou intrigues
L'enjeu consiste en une transformation plausible : faire passer un signe graphique minimal (trait de croquis, aplat de couleur) au statut d'image dotée d'une texture de type photographique. Élément principal : la transformation input/output. Élément secondaire : la variation stylistique selon la ville de référence choisie (Milan, Venise, Los Angeles).
Structure syntagmatique (Metz)
La galerie présente une succession d'exemples assimilable à un syntagme itératif au sens de Metz — une répétition de scènes similaires, sans ordre chronologique nécessaire, chaque exemple illustrant la même opération transformationnelle appliquée à des entrées différentes.
Fabula vs Syuzhet (Bordwell)
La fabula peut être résumée ainsi — « un dessin est transformé en ville plausible par un modèle entraîné sur des images de villes réelles » ; le syuzhet correspond à l'ordre de présentation dans la galerie, organisé par type d'opération (transfert de style entre villes réelles, puis génération à partir de croquis)
Régime modal (Ryan)
Chaque image générée constitue un monde possible hybride, à accessibilité contrefactuelle par rapport au monde actuel (une ville qui pourrait exister si telle combinaison stylistique se trouvait réalisée), proche de la notion ryanienne de mondes possibles construits par analogie incomplète avec le monde actuel.
Identification (Metz)
Le public peut développer une forme d'identification avec le geste créateur (celui qui dessine le croquis initial), mais aucune identification avec une figure représentée à l'intérieur de l'image elle-même, faute de personnage figuré.
Focalisation (branigan et als.)
On peut parler d'un régime de « regard machinique » ou d'une focalisation externe non humaine, celle du modèle statistique qui établit des correspondances entre pixels sans point de vue subjectif au sens narratologique classique.
Niveaux de narration / récits enchâssés / métalepse / mise en abyme (Branigan et als.))
Un phénomène proche de la mise en abyme représentationnelle peut être identifié dans le processus lui-même : une carte, déjà une représentation conventionnelle d'une ville réelle, sert de base à la génération d'une seconde représentation (image satellite) figurant une ville qui, elle, n'existe pas — une représentation de second degré d'un référent absent.

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