Du monde raconté à l’interface urbaine
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La méthode du studio repose sur une chaîne intermédiale : une référence historique devient une maquette, la maquette accueille un récit à la première personne, le récit est organisé en storyboard, le storyboard devient film, puis un élément de cette fiction est transformé en prototype interactif. Il ne s’agit pas d’une simple répétition du même contenu. Selon Lars Elleström, la transmédiation implique que certaines caractéristiques soient transférées d’un média à un autre tout en étant transformées par les capacités matérielles, sensorielles et sémiotiques propres au nouveau média.
Dans ARchitect+, le changement de focalisation est déterminant. Le dispositif historique est d’abord observé depuis la position du concepteur et du bras robotique ; le jeu permet ensuite de parcourir l’espace depuis la perspective de la gerbille. Ce déplacement transforme un schéma abstrait de contrôle en expérience narrative de l’habitation. Dans Cubiverse, la narration n’est plus portée par un protagoniste individuel, mais par une suite de décisions collectives dont les conséquences deviennent visibles dans la forme de la ville générée. Dans Cybersprouts, les états d’une simulation multi-agents sont montés comme des scénarios cinématographiques consacrés aux espèces invasives, à l’extinction et à la coexistence écologique.
Marie-Laure Ryan montre que les médias interactifs articulent deux logiques parfois concurrentes : l’immersion dans un monde et l’action sur ce monde. Le studio exploite cette tension. Le participant est simultanément spectateur d’un futur, personnage situé dans ce futur et opérateur modifiant ses paramètres. L’architecture devient ainsi un « monde narratif opérable » : elle ne se contente pas de représenter les conséquences du logiciel, elle permet de les mettre en scène et de les manipuler.
Cette force intermédiale contient néanmoins un risque. Le film, le jeu et la visualisation peuvent produire une cohérence esthétique qui rend le scénario plus convaincant qu’il ne l’est conceptuellement. Les auteurs reconnaissent que certaines propositions ont privilégié les codes visuels de la science-fiction et une orientation dystopique au détriment de la complexité sociale. De plus, adopter momentanément le point de vue d’une gerbille ou d’un agent écologique ne garantit pas que cette perspective soit réellement comprise : elle reste scénarisée par les concepteurs. - Le contenu à relier (ressource physique, actant, conceptuelle)
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Science Fiction, Software Friction, Spatial Fantasies
- E-mail de la personne ayant créé cette relation / annotation
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Anjara Mamisoa Rafidison
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| Title | Class |
|---|---|
Science Fiction, Software Friction, Spatial Fantasies |
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