Entre mémoire fabriquée et libre arbitre

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titre du projet
Entre mémoire fabriquée et libre arbitre
Keven Laporte
Nom de l'artiste
Keven Laporte
Genre de l'oeuvre
Science-fiction, néo-noir contemplatif, cyberpunk
durée de l'oeuvre
163 minutes
Courte description du projet artistique
Trente ans après le premier film, Officer K, réplicant Nexus-9, enquête sur la mort d'une réplicante enterrée sous une ferme, morte en accouchant. Cette découverte le mène à croire qu'il est lui-même l'enfant né de cette grossesse jugée impossible, une croyance qui transforme son obéissance en quête de sens. Le récit progresse par une série de fausses pistes archéologiques, chaque scène dévoilant une strate de vérité, jusqu'à la révélation que la véritable enfant est Ana Stelline. Dépouillé de son illusion messianique, K choisit librement son dernier acte. Il sauve Deckard plutôt que de le tuer, puis meurt dans la neige après l'avoir réuni à sa fille. Le film pose sa question centrale sans jamais la résoudre. La naissance confère-t-elle une âme, ou est-ce l'acte libre qui fonde l'identité.
Enjeux et/ou intrigues
L'enquête de K sur l'enfant né d'une réplicante double une quête d'identité personnelle. K croit d'abord être cet enfant, avant de découvrir que la véritable enfant est Ana Stelline. Niander Wallace cherche en parallèle à percer le secret de la reproduction réplicante, tandis que le mouvement clandestin mené par Freysa voit dans cette naissance le signe d'une révolution possible. Le nœud narratif tient dans la tension entre trois régimes de valeur, la naissance comme miracle biologique chez Wallace, la mémoire vécue comme authenticité chez Ana Stelline, et l'acte librement choisi comme seule dignité accessible chez K.
Personnages
Officer K / Joe (Ryan Gosling), réplicant Nexus-9
Joi (Ana de Armas), IA holographique commerciale
Luv (Sylvia Hoeks), réplicante Nexus-9
Ana Stelline (Carla Juri), conceptrice de souvenirs
Niander Wallace (Jared Leto), PDG de la Wallace Corporation
Rick Deckard (Harrison Ford), ancien Blade Runner
Structure syntagmatique (Metz)
Le film s'organise en grandes unités portées par les pauses archéologiques repérées par Reinhard (2018), la ferme de Sapper Morton, l'orphelinat, les archives de la LAPD, Las Vegas, l'usine Wallace. Chaque séquence dépose une strate de sens avant de passer à la suivante. Le Baseline Test structure aussi le récit en deux temps, une réussite avant la révélation, un échec après, ce qui marque le basculement de K de l'obéissance vers l'acte libre.
Fabula vs Syuzhet (Bordwell)
La fabula, l'enquête sur l'enfant né d'une réplicante et la découverte que K n'est pas cet enfant, pourrait se raconter en 90 minutes. Le syuzhet la dilate à 163 minutes par des pauses contemplatives et des fausses pistes délibérées. Cet écart n'est pas un défaut de rythme mais un argument philosophique, la lenteur du récit défend la thèse que la quête d'identité ne peut se faire dans l'urgence.
Racontabilité (Ryan)
Ce qui rend cette histoire digne d'être racontée tient à la question qu'elle pose sans la résoudre, celle de savoir si la dignité d'une vie vient de son origine ou de ce qu'elle choisit d'accomplir. Le récit construit cette tension par la structure même de l'enquête de K, une fouille progressive qui déterre autant les faits que les illusions du personnage sur lui-même.
Identification (Metz)
L'identification à K est d'abord secondaire, au sens de Metz, puis se creuse par le partage de sa souffrance et de sa fausse révélation. Le film déjoue ensuite cette identification au moment de la révélation, le spectateur découvre en même temps que K que la croyance qu'ils partageaient était fausse. La lenteur tarkovskienne du montage renforce une identification plus corporelle que narrative, en ancrant le spectateur dans la durée vécue de K plutôt que dans l'action.
Focalisation (branigan et als.)
Focalisation interne restreinte à K pendant la majeure partie du film. Le spectateur partage sa croyance erronée d'être l'enfant miraculeux, sans accès à un point de vue extérieur qui permettrait de douter plus tôt. Cette restriction est ce qui rend la révélation finale aussi déstabilisante pour le spectateur que pour K lui-même.
Niveaux de narration / récits enchâssés / métalepse / mise en abyme (Branigan et als.))
Le document source ne développe pas explicitement ce champ. Une piste s'en dégage cependant. La scène du cheval de bois fonctionne comme une mise en abyme du problème central du film. K retrouve un souvenir qu'il croit sien dans un orphelinat. Ana Stelline, dans sa bulle, pleure devant la reconstitution de cette même scène, puisque le souvenir lui appartient réellement. Le film montre ainsi un souvenir vécu par une personne et halluciné par une autre comme également chargé de vérité émotionnelle, un redoublement en miniature de la question qui traverse tout le récit.
Hypotextes et Adaptations
Do Androids Dream of Electric Sheep de Philip K. Dick, publié en 1968, est le roman source de la franchise Blade Runner. Blade Runner, réalisé par Ridley Scott en 1982, est le film dont Blade Runner 2049 constitue la suite directe, trente ans plus tard dans la diégèse. Pale Fire de Vladimir Nabokov, publié en 1962, apparaît physiquement à l'écran et structure le texte récité pendant le Baseline Test, une présence que Campbell (2023) analyse comme une clé herméneutique du film entier. Le nom du personnage principal, K, renvoie à Josef K du Procès de Franz Kafka, publié en 1925.
Scénario
https://assets.scriptslug.com/live/pdf/scripts/blade-runner-2049.pdf?v=1729114873

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