L'absence d'études post-traitement : un angle mort structurel
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- L'absence d'études post-traitement : un angle mort structurel
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Un fil rouge traverse l'ensemble du webinaire, présent dans les présentations comme dans la période de questions : le manque de données sur les effets à long terme des robots cognitifs assistifs. Ce n'est pas un aveu anodin, c'est une limite structurelle du domaine que les chercheures elles-mêmes nomment et qui mérite d'être examinée dans ses causes multiples.
Arshia Khan présente une étude menée dans des maisons de soins du Minnesota, avec mesures biométriques par activité électrodermale et évaluation cognitive par la Montreal Cognitive Assessment. Ses résultats sur la réduction du stress sont statistiquement significatifs. Mais elle consacre une partie substantielle de sa présentation aux limites méthodologiques : difficultés de recrutement, attrition, participants non-répondants à l'activité électrodermale, fatigue par les évaluations, effet de nouveauté documenté dès la première session et problèmes de consistance entre les étudiant·es chargés de l'administration. Ces limites ne sont pas des défauts de l'étude, elles reflètent les contraintes réelles de la recherche avec des populations vulnérables dont la condition est évolutive.
L'effet de nouveauté est particulièrement significatif dans ce contexte. Khan note que la première session de thérapie robotique a produit des données négatives, qu'elle attribue à la réaction des résident·es face à quelque chose d'inconnu. Ce résultat suggère que l'évaluation à court terme d'un dispositif robotique peut capturer une réaction à la nouveauté plutôt qu'un effet thérapeutique réel. Or la majorité des études sur les robots compagnons, comme le signale la revue systématique de Ghafurian, Hoey et Dautenhahn, sont conduites sur des périodes courtes, rarement au-delà de quelques semaines.
Plusieurs facteurs structurels expliquent cette lacune et la période de questions les dévoile avec une franchise inhabituelle. Tom Stevens identifie le manque de financement pour la commercialisation comme le principal obstacle : les investisseurs privés n'entrent pas sur des marchés qui ne sont pas encore robustes et les subventions publiques couvrent la recherche fondamentale mais pas la science de l'implémentation. Wendy Rogers précise ce manque en nommant l'étude de ce qui se passe après le déploiement réel, une fois l'effet de nouveauté dissipé, auprès de populations diversifiées. Khan, pour sa part, décrit l'épuisement lié à la rédaction continue de demandes de subventions, qui empiète sur le temps de recherche lui-même.
À ces contraintes de financement s'en ajoutent d'autres, propres aux populations cibles. La démence affecte chaque personne différemment, comme le souligne Janet Wiles : les préférences, les capacités et les réactions aux dispositifs technologiques varient considérablement d'un individu à l'autre. Certaines personnes ne sont pas intéressées par cette technologie, comme le révèle le rejet du premier prototype de Florence par le groupe d'experts d'expérience vivante. D'autres la trouvent stigmatisante. Cette hétérogénéité rend le déploiement à grande échelle difficile et les études longitudinales coûteuses en matière de recrutement et de maintien de la cohorte.
Il y a enfin une dimension plus politique dans cette lacune. La technologie robotique bénéficie d'une visibilité médiatique et d'une attractivité de financement qui peuvent lui conférer une légitimité prématurée. La promesse technologique risque ainsi de précéder et de supplanter l'investissement dans les solutions moins spectaculaires mais plus éprouvées : accompagnement humain, ergothérapie à domicile, financement des soins de proximité. Wiles le formule sans détour dans la période de questions : il faut financer non seulement le volet clinique de la démence, mais aussi son volet social, et notamment les ergothérapeutes qui travaillent avec les personnes vivant à domicile. - Mot clé(s) associé(s)
- Approche scientifique
- Automatisation du soin
- Pensée critique
- Promesses
- Prudence technologique
- Robotique
- Santé
- Structure argumentative
- Technosoin
- Le contenu à relier (ressource physique, actant, conceptuelle)
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Cognitively assistive robots for dementia care
- E-mail de la personne ayant créé cette relation / annotation
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Dominique Michaud
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Cognitively assistive robots for dementia care |
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