Lucy, du récit criminel au conte cosmique
Item
- titre du projet
- Lucy, du récit criminel au conte cosmique
- Nom de l'artiste
-
Keven Laporte
- Genre de l'oeuvre
- Science-fiction, thriller d'action, film philosophique
- durée de l'oeuvre
- 89 minutes
- Courte description du projet artistique
- Le récit progresse par accélération constante, d'un thriller criminel ancré à Taipei vers une fable sur l'évolution de la conscience. Cette montée est rythmée par un compteur affiché à l'écran qui chiffre la capacité cérébrale de Lucy et sert de moteur à la tension. La narration est omnisciente et didactique, le spectateur sachant toujours où en est le personnage grâce au compteur et aux explications de Norman. Le film mêle à son intrigue des inserts documentaires, images de prédation, vues cosmologiques, planches de neurologie, qui commentent l'action depuis un niveau supérieur et inscrivent le destin de Lucy dans le récit long de l'espèce.
- Enjeux et/ou intrigues
- Lucy, contrainte de servir de mule pour un cartel, absorbe accidentellement une drogue de synthèse, le CPH4, qui active progressivement ses capacités cérébrales. L'intrigue criminelle, sa fuite et sa traque des autres doses, se double d'une intrigue spéculative, sa transformation en superintelligence. Le nœud narratif est le compte à rebours de son propre corps, qui monte vers cent pour cent tout en la déshumanisant.
- Personnages
- Lucy, jeune femme transformée en superintelligence. Professeur Samuel Norman, chercheur dont les hypothèses sur le potentiel cérébral se voient incarnées par Lucy. Monsieur Jang, chef du cartel coréen. Capitaine Pierre Del Rio, policier français qui l'assiste.
- Structure syntagmatique (Metz)
- Le premier tiers repose sur un syntagme alternant entre Paris et Taipei, qui met en parallèle la théorie de Norman et l'expérience de Lucy. Des syntagmes entre parenthèses, les inserts documentaires, s'intercalent pour commenter l'action. La dernière partie bascule dans un long syntagme contemplatif, le voyage à travers le temps jusqu'à l'origine de la vie.
- Fabula vs Syuzhet (Bordwell)
- La fabula est simple, une femme absorbe une drogue qui active tout son cerveau et transcende l'humanité. Le syuzhet reste lisible et linéaire, sans anachronies notables, mais il travaille l'accélération et intercale les inserts documentaires. L'écart entre les deux tient moins à l'ordre qu'au rythme, la narration s'emballe à mesure que le compteur grimpe.
- Régime modal (Ryan)
- Le film pose une hypothèse spéculative, et si un humain accédait à cent pour cent de sa capacité cérébrale, et l'explore sans souci de vraisemblance scientifique.
- Voix et acousmatique (Chion)
- Le film s'ouvre sur une voix off féminine, celle de Lucy, qui interroge ce que l'humanité a fait de la vie reçue il y a un milliard d'années. Cette voix, d'abord acousmatique puisqu'on n'en voit pas la source, encadre le récit et lui donne d'emblée une portée cosmologique, avant que le corps qui la porte n'apparaisse.
- Racontabilité (Ryan)
- Ce qui rend l'histoire digne d'être racontée est la tension d'une transformation sans précédent, une humaine qui devient superintelligence sous nos yeux. La singularité narrative tient à ce que le sujet même de la transformation, l'accès total au cerveau, promet à chaque seuil une capacité nouvelle et imprévisible.
- Identification (Metz)
- Identification secondaire avec Lucy, portée par la présence de Johansson. Elle décroît volontairement à mesure que le personnage perd ses affects, le film transformant cette perte d'identification en argument sur la déshumanisation.
- Focalisation (branigan et als.)
- Focalisation externe et omnisciente, mais centrée sur Lucy. Le spectateur suit son parcours et connaît son état grâce au compteur et aux dialogues explicatifs, sans jamais être trompé. La focalisation n'est pas ironique.
- Niveaux de narration / récits enchâssés / métalepse / mise en abyme (Branigan et als.))
- La conférence de Norman fonctionne comme un niveau de commentaire enchâssé, un discours théorique qui décrit par avance ce que le récit principal montre. Les inserts documentaires forment un second niveau, extérieur à l'intrigue. Pas de métalepse ni de mise en abyme à proprement parler.
- Scénario
- https://overblack.org/script/lucy-2014
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| Title | Class |
|---|---|
Lucy |
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