L'architecture du faux et la descente dans les niveaux du récit

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titre du projet
L'architecture du faux et la descente dans les niveaux du récit
Nom de l'artiste
Keven Laporte
Genre de l'oeuvre
Science-fiction, thriller
durée de l'oeuvre
148 minutes
Courte description du projet artistique
Analyse des mécanismes narratifs par lesquels le film emboîte cinq niveaux de réalité, diégétise la métalepse, dilate le temps à chaque palier et restreint le savoir du spectateur au regard d'un protagoniste qui dissimule sa propre faute.
Enjeux et/ou intrigues
L'intrigue extérieure est un contrat, implanter dans l'esprit de Fischer l'idée de démanteler l'empire paternel en échange de l'effacement des charges qui empêchent Cobb de rentrer chez lui. L'intrigue intérieure est un deuil, Cobb porte la culpabilité d'avoir implanté une idée dans l'esprit de Mal, idée qui l'a conduite à la mort. La projection de Mal sabote la mission, forçant Cobb à affronter ce qu'il a fait. Le succès du contrat dépend de la résolution du deuil.
Personnages
Dom Cobb (Leonardo DiCaprio), extracteur en exil hanté par la mort de sa femme, meneur de l'opération.
Mal Cobb (Marion Cotillard), épouse décédée dont la projection sabote la mission depuis l'intérieur des rêves.
Ariadne (Elliot Page), architecte recrutée pour concevoir les labyrinthes, seule confidente de Cobb.
Robert Fischer (Cillian Murphy), héritier ciblé par l'inception.
Saito (Ken Watanabe), industriel commanditaire.
Structure syntagmatique (Metz)
Cinq segments emboîtés simultanément plutôt que successifs. La réalité sert de cadre, trois strates de rêve s'enchâssent par ordre de profondeur, les limbes gisent au fond. Le montage parallèle alterne entre eux de façon de plus en plus serrée dans le dernier tiers, chaque niveau conditionnant les autres par le kick synchronisé.
Fabula vs Syuzhet (Bordwell)
La fabula commence des années avant le film, Cobb implante une idée dans l'esprit de Mal, elle se suicide, il fuit. Le syuzhet commence in medias res par Cobb échoué face à un Saito vieilli dans les limbes, scène incompréhensible avant le dénouement. La faute de Cobb n'est révélée que tardivement, par fragments, à travers des flashbacks déclenchés par les irruptions de Mal. L'écart est donc maximal sur le point le plus important.
Régime modal (Ryan)
Monde spéculatif posant un seul écart, la technologie de rêve partagé, dont le film tire toutes les conséquences avec rigueur. Les règles sont explicitement posées et respectées. Le régime bascule dans les limbes, où le temps devient potentiellement infini et les règles cessent de s'appliquer.
Voix et acousmatique (Chion)
Aucune voix off ni narrateur. La dimension acousmatique est portée par la chanson de Piaf, signal diégétique de réveil qui contamine les niveaux inférieurs sous forme de grondement déformé, et par le motif musical de Zimmer qui annonce l'effondrement sans source identifiable dans le rêve.
Racontabilité (Ryan)
La racontabilité naît du paradoxe entre la virtuosité du casse et la catastrophe intime qui en est l'envers, un homme qui a ruiné sa vie en appliquant à celle qu'il aimait le principe même qu'il maîtrise. La fin ouverte relance indéfiniment l'interprétation.
Identification (Metz)
Identification primaire avec Cobb par la focalisation, mais piégée puisqu'il dissimule sa faute. Identification secondaire avec Fischer, dont la catharsis au coffre-fort fonctionne tout en étant fabriquée, ce qui crée un malaise propre au dispositif.
Focalisation (branigan et als.)
Focalisation interne restreinte, attachée à Cobb. Le spectateur ne sait presque jamais plus que lui. Deux exceptions notables, les scènes d'Arthur au niveau de l'hôtel en montage parallèle, et le plan final où la caméra reste sur la toupie après que Cobb s'est détourné, faisant du spectateur le seul dépositaire du doute.
Niveaux de narration / récits enchâssés / métalepse / mise en abyme (Branigan et als.))
Cinq niveaux enchâssés, la réalité, trois rêves et les limbes. La métalepse est diégétisée, les personnages franchissent physiquement les frontières entre niveaux en s'endormant et en remontent par le kick. La mise en abyme est portée par la figure de l'architecte, dont le geste de concevoir un monde pour y tromper quelqu'un reflète celui du cinéaste.
Scénario
https://www.nolanfans.com/library/pdf/inception-screenplay.pdf

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Inception

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