Une narration visuelle et opaque
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- titre du projet
- Une narration visuelle et opaque
- Nom de l'artiste
-
Keven Laporte
- Genre de l'oeuvre
- Science-fiction, dans un registre contemplatif proche de l'épopée métaphysique.
- durée de l'oeuvre
- 149 minutes
- Courte description du projet artistique
- Le film raconte en montrant plus qu'en expliquant. Il réduit la parole au minimum, confie à HAL le regard le plus large de tout le récit et brouille volontairement l'identification entre la machine et les humains. De ces choix naît une narration opaque, où le sens doit être reconstruit par le spectateur à partir des images et des sons plutôt que reçu par le commentaire.
- Enjeux et/ou intrigues
- Le nœud tient à une intelligence venue d'ailleurs qui jalonne l'évolution humaine par des monolithes. La mission vers Jupiter bascule quand HAL, chargé d'assurer la réussite tout en gardant le secret sur le but réel, résout cette contradiction en éliminant l'équipage. Bowman le débranche, franchit le Stargate et renaît sous la forme de l'Enfant des étoiles.
- Personnages
-
Dave Bowman
Frank Poole
HAL 9000
Heywood Floyd - Contenues extérieurs (culturel, journalistique, etc.)
-
2001: A Space Odyssey
- Structure syntagmatique (Metz)
- Le film se compose de quatre grands mouvements presque autonomes que rien ne relie par une logique d'action, seule une cohérence symbolique tenant l'ensemble. Le raccord de l'os vers le vaisseau condense quatre millions d'années en une coupe, et la séquence du Stargate suspend toute narration au profit d'une pure expérience sensorielle.
- Fabula vs Syuzhet (Bordwell)
- La fabula reste simple, une intelligence extérieure guide l'évolution humaine, mais le syuzhet refuse presque toute explication. Kubrick a retiré la narration verbale des premières versions pour que le film communique par l'image et le son, ce qui produit une œuvre qui montre tout et n'explique rien.
- Régime modal (Ryan)
- Un monde spéculatif d'une grande vraisemblance technique, régi par des règles proches d'un futur proche crédible, qui bascule dans le dernier acte vers un régime cosmique et métaphysique. Ni utopie ni dystopie franches, mais un réalisme rigoureux qui s'ouvre sur la transcendance.
- Voix et acousmatique (Chion)
- Le film se passe de narrateur et de voix off. La présence vocale dominante est celle de HAL, une voix détachée de tout corps humain et rattachée seulement à un œil rouge. Ce calme sans affect fait de la parole de la machine le point de trouble sonore de l'œuvre.
- Racontabilité (Ryan)
- Ce qui rend le film captivant ne tient pas à une intrigue mouvementée mais à l'ampleur de ce qu'il embrasse. Il déploie l'origine et le devenir de l'espèce humaine sur des millions d'années, met en scène la première grande machine qui se retourne contre ses créateurs et laisse ouverte, sans jamais la résoudre, la question de la conscience artificielle. Son intérêt vient aussi de son refus d'expliquer, qui fait de chaque spectateur un interprète et nourrit depuis des décennies des lectures contradictoires. C'est cette rencontre entre une échelle cosmique et une énigme jamais close qui donne à 2001 sa force et sa longévité.
- Identification (Metz)
- La froideur des personnages humains, filmés de l'extérieur et presque sans intériorité, rend l'adhésion à leur égard difficile. Le dispositif installe plutôt une position instable pendant la traque entre HAL et Bowman, où l'identification vacille du chasseur à la proie selon les plans et les points de vue. Roger Ebert a par ailleurs souligné que la parole la plus chargée d'émotion du film provient de HAL lui-même, au moment où la machine supplie qu'on lui laisse la vie et se met à chanter. Si l'on suit cette lecture, le régime d'identification se trouve déplacé, puisque l'émotion se loge autant du côté de la machine que de celui de l'humain.
- Focalisation (branigan et als.)
- Les humains sont donnés de l'extérieur, presque sans accès à leur intériorité, ce qui les rend opaques et sans affect. HAL possède au contraire la vision la plus vaste, son œil embrassant tout l'espace du vaisseau, et Kubrick multiplie les champs contrechamps entre cet œil et le visage de Dave, plaçant la machine et l'humain sur un pied d'égalité.
- Scénario
- https://imsdb.com/scripts/2001-A-Space-Odyssey.html
Linked resources
| Title | Class |
|---|---|
2001 : L'Odyssée de l'espace |
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