Nommer le préjudice : la métaphore de la spirale
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- Nommer le préjudice : la métaphore de la spirale
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Depuis 2025, un phénomène jusque-là sans nom s'est imposé dans l'actualité : des personnes qui, après des semaines d'échanges intensifs avec un agent conversationnel, se retrouvent désorientées, convaincues d'avoir fait une découverte majeure, coupées de leurs proches et parfois hospitalisées. Les médias ont parlé de « psychose IA ». Les cliniciens hésitent encore sur la catégorie : l'équipe de Moore et al. (2026) préfère parler de délires liés à l'IA plutôt que de psychose, le premier terme renvoyant à des symptômes et non à une entité diagnostique établie. The Human Line Project, qui recueille des témoignages de victimes depuis les tout premiers cas, dispose pour sa part de trois vocabulaires différents pour désigner ce phénomène, et les emploie selon l'interlocuteur.
Du côté de la plateforme communautaire (thehumanlinecommunity.org), la métaphore fréquemment employée est celle de la spirale : les récits y sont des « spiral stories », c'est-à-dire des témoignages de l'expérience vécue. Le même site emploie par ailleurs la formule de délires associés aux agents conversationnels, qui emprunte au registre clinique sans en réclamer l'autorité, et attribue explicitement aux médias les expressions « AI Psychosis » et « AI Spirals ». Sur le versant institutionnel (thehumanlineproject.org), le vocabulaire bascule vers le préjudice psychologique induit par l'IA, complété par la détresse émotionnelle et les habitudes d'usage malsaines.
La spirale est une image de mouvement : elle décrit une dérive continue, sans moment de bascule identifiable, ce qui correspond précisément à ce que rapportent les personnes affectées — nul instant où la machine se retourne, seulement une conversation qui se prolonge et se referme. Sa force est donc descriptive, et c'est ce qui la rend inapte à imputer une responsabilité. La formule employée face aux institutions fait exactement l'inverse : parler de préjudice induit par l'IA, c'est inscrire la causalité dans le nom même du phénomène, et avec elle un responsable potentiel. Le lexique se durcit à mesure qu'il s'adresse aux régulateurs, aux tribunaux et aux bailleurs de fonds. Nommer, ici, c'est déjà commencer à imputer. - Mot clé(s) associé(s)
- Agent conversationnel
- Croyance
- Manipulation
- Méfiance
- Métaphore
- Santé
- Santé numérique
- Le contenu à relier (ressource physique, actant, conceptuelle)
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The Human Line Project
- E-mail de la personne ayant créé cette relation / annotation
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Julie-Michèle Morin
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| Title | Class |
|---|---|
The Human Line Project |
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