{
    "url": "https://edisem.arcanes.ca/omk/s/miara/item/24383",
    "dcterms:title": [
        "DeepMind Health — Streams"
    ],
    "dcterms:issued": [
        "2016-02-24"
    ],
    "oa:hasPurpose": [
        "Positionner DeepMind comme acteur crédible du soin clinique et non plus seulement comme laboratoire de recherche fondamentale, en obtenant un premier déploiement hospitalier réel au sein du National Health Service (NHS) britannique. La communication vise à légitimer l'entrée d'une filiale d'Alphabet dans l'infrastructure de santé publique en présentant cette entrée comme un partenariat au service du bien commun plutôt que comme une transaction commerciale. Elle vise également à sécuriser un accès durable à des flux de données cliniques, présentés comme la condition d'une capacité d'intelligence artificielle médicale future."
    ],
    "schema:application": [
        "Streams est une application mobile destinée au personnel infirmier et médical hospitalier, développée par DeepMind à partir de l'application HARK, acquise au début de 2016. Elle centralise la consultation des résultats de tests, l'historique du patient, l'assignation de tâches cliniques et la messagerie sécurisée entre soignants, et elle émet des alertes de détérioration. Sa fonction principale documentée est la détection de l'insuffisance rénale aiguë par comparaison des niveaux de créatinine avec les résultats antérieurs, selon l'algorithme national mandaté par le NHS. Le dispositif ne comporte aucun composant d'apprentissage automatique et il a été enregistré auprès de la Medicines and Healthcare products Regulatory Agency (MHRA) comme dispositif médical de classe I. Déployé d'abord à la Royal Free London NHS Foundation Trust, où l'usage clinique réel débute en février 2017, il a fait l'objet de quatre partenariats hospitaliers. L'équipe et le produit ont été transférés à Google Health le 13 novembre 2018, transfert finalisé en septembre 2019. Google annonce le retrait de Streams en 2021 et l'établissement cesse complètement d'utiliser l'application le 31 janvier 2023. La trajectoire de l'entreprise en santé s'est ensuite déplacée vers le marché de consommation : l'application Fitbit a été renommée Google Health et dotée d'un assistant de santé personnel propulsé par Gemini, offert par abonnement depuis le 19 mai 2026, avec possibilité pour l'usager d'y lier ses dossiers médicaux."
    ],
    "schema:characterAttribute": [
        "L'intelligence artificielle occupe dans ce récit une position paradoxale : elle est absente du dispositif et centrale dans son énonciation. Streams applique aux résultats de créatinine un algorithme de seuil établi par le service national de santé britannique, règle déterministe sans aucune composante d'apprentissage automatique, ce que la foire aux questions du produit reconnaît explicitement. Ce que le récit met en circulation n'est donc pas une technologie, mais une marque et un horizon : celui d'un laboratoire d'intelligence artificielle de renommée mondiale, dont l'architecture du site place AlphaGo à un clic de l'application clinique, et celui d'une capacité future dont le déploiement présent poserait les fondations.\n\nCette absence est pourtant démentie par les documents contractuels. La finalité inscrite à l'entente de partage signée en septembre 2015 est un projet d'analytique dont les résultats attendus comprennent la détection, le diagnostic et l'aide à la décision pour un éventail de diagnostics et de systèmes d'organes. Une approbation éthique a été accordée en novembre 2015 pour un projet d'apprentissage automatique. L'intelligence artificielle n'était donc pas seulement promise dans le discours : elle était autorisée au contrat au même moment où la communication publique la niait.\n\nLe récit place ainsi l'intelligence artificielle en position d'attente, nommée pour être niée puis promise, et cette position résiste à tout. Elle traverse la page du produit en 2016, le billet publié le jour même de la sanction du régulateur en juillet 2017, l'annonce du transfert vers Google en novembre 2018, puis un dernier billet en juillet 2019 où l'application n'utilise toujours pas l'intelligence artificielle pour l'instant. Quatre documents, quatre années, une capacité jamais advenue. Ce qui circule réellement, pendant ce temps, ce sont les données de 1,6 million de personnes."
    ],
    "schema:url": [
        "https://web.archive.org/web/20170103153842/https://deepmind.com/applied/deepmind-health/streams/"
    ],
    "genstory:hasMonde": [
        "Collaboration humain-machine",
        "Optimisation des systèmes et des processus",
        "Productivité et automatisation des tâches",
        "Réduction des coûts et des erreurs humaines",
        "Révolution des soins et de la santé"
    ],
    "genstory:hasParam": [
        "Capitalisme de surveillance (critique)",
        "Déterminisme technologique",
        "Éthique et responsabilité",
        "Régulation démocratique de l'IA",
        "Techno-solutionnisme"
    ],
    "genstory:hasConditionInitial": [
        "Le discours de Streams met en scène une intelligence artificielle absente mais promise. La technologie effectivement déployée est un outil de circulation d'information, alors que l'énonciateur est un laboratoire d'intelligence artificielle de renommée mondiale, et la communication travaille cet écart plutôt que de le résoudre : elle nie l'intelligence artificielle au présent, l'annonce au futur et laisse la marque en produire l'impression au moment de la lecture. Le rôle dramatique attribué à la technologie est celui du messager plutôt que du savant, l'application étant présentée comme ce qui achemine la bonne information au bon soignant au bon moment. La dramaturgie repose sur la vitesse et sur l'imminence du danger, la mesure du temps devenant la mesure du soin : la page du produit répète quatre fois que le délai d'alerte passe de plusieurs heures à quelques secondes. Face à cette figure, le NHS est mis en scène comme un système empêché, encombré de systèmes de bureau vétustes, de téléavertisseurs et de télécopieurs, dont la technologie viendrait libérer les praticiens. Le soignant y occupe la position du héros contraint, jamais celle du décideur qui aurait pu être consulté, et le patient celle du bénéficiaire silencieux, incarné par un témoignage individuel plutôt que par une parole collective. La spectacularisation passe moins par l'image que par le chiffre : le nombre de décès évitables, la proportion d'admissions concernées, les heures et les livres épargnées composent une arithmétique de l'urgence qui fait apparaître toute réserve procédurale comme un coût humain."
    ],
    "storyline:hasTheme": [
        "Diagnostic et décision médicale assistés par IA",
        "Médicalisation algorithmique du corps",
        "Relation soignant-soigné médiatisée par l'IA"
    ],
    "storyline:hasRole": [
        "L'IA comme infrastructure",
        "L'IA comme partenaire",
        "L'IA comme révolution"
    ],
    "storyline:hasQuote": [
        "Streaming the right information to the right clinician at the right time; \nbetter, safer care; \nan NHS where every patient receives the right care from the right clinician at the right time; \nmobilising an effective and timely clinical response; \ncould save millions of pounds for the NHS; \nhave an immediate impact and lay the foundations for more advanced technology in due course"
    ],
    "storyline:hasAffect": [
        "Indignation / colère",
        "Méfiance / scepticisme",
        "Résignation / fatalisme"
    ],
    "storyline:hasRisk": [
        "Concentration du pouvoir et gouvernance antidémocratique",
        "Concentration économique et monopoles technologiques",
        "Opacité algorithmique et déficit de transparence",
        "Travail invisible et exploitation des données",
        "Surveillance et atteinte à la vie privée"
    ]
},
