Perspective éthique et politico-écologique
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- Perspective éthique et politico-écologique
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Le studio précise que les images utilisées proviennent d’archives numériques, de réseaux sociaux et de ressources publiquement accessibles. Cette précision répond partiellement aux préoccupations de propriété et de confidentialité, mais « accessible au public » ne signifie pas nécessairement libre de droits, représentatif ou produit avec le consentement de ses auteurs pour l’entraînement d’un modèle.
Crawford et Paglen montrent que les corpus d’entraînement ne sont jamais de simples réservoirs neutres. La provenance des images, leurs catégories, leurs annotations et les objectifs du système déterminent ce que l’IA peut rendre intelligible. Dans le cas de Machine Hallucinations, la documentation publique identifie les technologies, les partenaires et les membres du studio, mais elle fournit peu d’informations détaillées sur la distribution géographique et sociale du corpus, les critères d’exclusion, le statut juridique des images ou la manière dont les photographes sont reconnus.
Une seconde tension apparaît dans Nature Dreams. L’œuvre célèbre la beauté intrinsèque de la Terre et transforme plus de 300 millions d’images de nature en paysages synthétiques. Toutefois, cette nature numérique dépend de centres de données, de processeurs graphiques, de réseaux, d’électricité et d’infrastructures industrielles. Kate Crawford décrit précisément l’IA comme un système matériel et extractif fondé sur des ressources minières, du travail humain, des données et une importante concentration de pouvoir technique.
Les recherches de Peter Henderson et de ses collègues soulignent parallèlement la nécessité de documenter systématiquement la consommation énergétique et l’empreinte carbone des expériences d’apprentissage machine. Aucune comptabilité environnementale suffisamment précise propre à Machine Hallucinations n’a été trouvée dans les sources principales consultées. Il serait donc injustifié d’attribuer à l’œuvre une empreinte particulière sans données vérifiables. Cette absence constitue néanmoins un manque documentaire important pour un projet qui associe explicitement IA, nature et conscience environnementale.
L’œuvre produit ainsi une esthétique de la dématérialisation : les données semblent devenir lumière pure, mouvement et imagination. Une lecture politico-écologique rappelle au contraire que cette apparente immatérialité repose sur des photographes, des plateformes, des ingénieurs, des équipements, des ressources et des dépenses énergétiques. Le principal enjeu critique n’est pas de condamner l’usage de l’IA, mais de demander si l’architecture immersive pourrait également rendre sensibles ses propres conditions matérielles de production. - Le contenu à relier (ressource physique, actant, conceptuelle)
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Machine Hallucinations de Refik Anadol
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Anjara Mamisoa Rafidison
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Machine Hallucinations de Refik Anadol |
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