Perspective architecturale et urbaine
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- Perspective architecturale et urbaine
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Refik Anadol situe sa pratique à l’intersection des arts médiatiques, de l’architecture et de l’intelligence machinique. Dans Machine Hallucinations: NYC, la ville est d’abord convertie en corpus d’images, puis en espace latent, avant d’être reconstruite comme environnement audiovisuel intérieur. Le projet ne représente donc pas seulement New York : il transforme les représentations numériques de New York en une nouvelle architecture perceptive.
Cette démarche rejoint la notion d’« espace augmenté » de Lev Manovich : un espace physique recouvert ou rempli par des informations multimédias dynamiques. Manovich demande si, dans ce type de dispositif, la forme architecturale devient un simple support invisible ou si l’architecture et l’information forment une nouvelle totalité phénoménologique. Dans l’installation d’Anadol, murs, sol, plafond, projection et son fonctionnent comme une seule interface enveloppante. L’architecture n’abrite plus l’image ; elle devient image.
Le geste est particulièrement significatif pour l’espace urbain. La ville n’est plus saisie par la marche, l’orientation, la succession des rues ou l’expérience des distances. Elle est condensée en transitions visuelles continues. Les monuments, façades, infrastructures et perspectives urbaines deviennent des caractéristiques apprises et recombinées. New York est ainsi intériorisée : une métropole dispersée et conflictuelle devient un environnement clos, fluide et apparemment homogène.
Cette transformation fait apparaître un paradoxe. L’œuvre revendique une narration de la ville, mais elle retire aux images une grande partie de leurs coordonnées historiques, géographiques et sociales. Les différences entre quartiers, les rapports de pouvoir, les conflits d’usage, les pratiques quotidiennes et les inégalités spatiales sont absorbés dans une esthétique commune de métamorphose. Ce qui est raconté n’est pas exactement New York, mais la visibilité numérique de New York : la manière dont la ville a été cadrée, photographiée et rendue disponible sur les plateformes.
La contribution architecturale de l’œuvre est donc réelle : elle montre comment les données peuvent produire un espace habitable par la perception. Mais son apport à la connaissance urbaine reste plus ambigu. Elle construit une ville-image extrêmement puissante, au risque de faire disparaître la ville comme milieu social, matériel et politique. - Le contenu à relier (ressource physique, actant, conceptuelle)
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Machine Hallucinations de Refik Anadol
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Anjara Mamisoa Rafidison
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| Title | Class |
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Machine Hallucinations de Refik Anadol |
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