Analyse philosophique : La naissance confère-t-elle une âme, ou est-ce l'acte libre qui fonde l'identité ?

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Analyse philosophique : La naissance confère-t-elle une âme, ou est-ce l'acte libre qui fonde l'identité ?
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La question philosophique centrale de BR2049 est posée par Wallace lors de sa scène avec la nouvelle Rachael : la naissance d'un être vivant à partir d'un autre être vivant constituerait un miracle, une rupture qualitative dans l'ordre du monde artificiel qu'il a construit. Cette thèse essentialiste suppose que l'origine biologique confère quelque chose que la fabrication ne peut pas reproduire, telle une âme, une dignité ou une forme de singularité irréductible. Le film teste cette thèse sans jamais la confirmer.

L'arc de K est construit comme une réfutation progressive. Pendant une heure et demie, K croit être cet enfant né d'une réplicante, et cette croyance lui donne un sens, une raison d'agir, une identité narrative au sens de Ricœur, soit une histoire cohérente qu'on peut se raconter sur soi-même. Quand la révélation tombe et que K apprend qu'il n'est pas l'Élu, ce que le film montre n'est pas l'effondrement d'un personnage, mais sa libération. Dépouillé de tout destin préécrit, de toute mission qui le précède, K accomplit son dernier acte sans aucune justification extérieure. C'est la définition sartrienne de la liberté où l'existence précède l'essence, et l'acte authentique est celui qu'aucune nature, aucune origine ou aucun programme ne commande.

Joi complique cette lecture de manière productive. Si K est un réplicant organique dont on peut encore discuter la conscience, Joi est un programme commercial vendu en série, dont l'affection pour K est explicitement mise en doute par Luv et par le billboard final qui utilise son prénom comme slogan publicitaire. Pourtant le film ne tranche pas sur la réalité de cet amour. Il pose la question et la laisse ouverte, ce qui est philosophiquement plus honnête que de la résoudre. Hayles (1999) dans How We Became Posthuman soutient que la frontière entre le vivant et le calculé est une construction historique et culturelle, pas une donnée naturelle. BR2049 cinématise exactement cette thèse où les catégories ne tiennent pas, et c'est dans cet espace d'indécision que se jouent des questions morales réelles.

Ana Stelline représente le troisième terme du problème. Elle est née, ses souvenirs sont authentiques, et pourtant elle vit enfermée dans une bulle stérile, incapable de toucher le monde qu'elle peuple de faux souvenirs pour d'autres. La naissance ne lui a pas donné la liberté. Ce que Wallace appelle miracle n'a produit qu'une nouvelle forme de vulnérabilité. C'est peut-être la réponse la plus sobre du film à sa propre question centrale. Naître ne suffit pas, vivre non plus, seul le choix accompli dans la conscience de sa propre contingence fonde quelque chose qui ressemble à une existence significative.
Mot clé(s) associé(s)
Authenticité
Post-humanisme
Simulacre
Le contenu à relier (ressource physique, actant, conceptuelle)
Blade Runner 2049
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Keven Laporte

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