L'anthropomorphisation programmée : de l'intention de conception à l'effet d'intentionnalité perçue
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- L'anthropomorphisation programmée : de l'intention de conception à l'effet d'intentionnalité perçue
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L'anthropomorphisation de PARO n'est pas un effet secondaire ou fortuit de sa conception : c'est un objectif technique explicitement visé, documenté par son inventeur lui-même. Plusieurs choix de conception convergent vers un seul but — faire en sorte que l'usager interprète les comportements du robot comme porteurs d'intention, plutôt que comme de simples réponses mécaniques préprogrammées. La voix de PARO est échantillonnée à partir de cris de véritables blanchons, ses paupières et son corps bougent en réponse au toucher, à la lumière et au son, et le choix même de l'espèce — le blanchon plutôt qu'un chien ou un chat — répond à une logique délibérée : selon Shibata et Wada (2011), les usagers connaissant mal le comportement réel d'un phoque ne peuvent pas mesurer l'écart entre le robot et l'animal véritable, ce qui rend l'illusion d'intentionnalité plus difficile à démentir par comparaison directe.
Cette conception technique trouve un effet de réception très concret dans l'étude de Hung et al. (2021), menée en milieu hospitalier auprès de personnes atteintes de démence. Un patient, après avoir caressé PARO, lui demande directement « est-ce que tu m'aimes? », interprète un mouvement de tête comme une réponse affirmative, et conclut : « tu m'aimes, on est copains ». Une autre patiente s'exclame que le robot « l'a embrassée ». Le rapprochement entre l'intention de conception et l'effet observé est ici frappant : le robot ne « répond » jamais littéralement à la question posée — il exécute un comportement programmé en fonction de stimuli (toucher, son, mouvement) — mais l'architecture même de ce comportement (mouvement de tête vers la personne, regard soutenu, vocalisation après une pause) est précisément ce qui permet, et même invite, une lecture intentionnelle de la part de l'usager.
Un paradoxe traverse cependant cette anthropomorphisation réussie : les usagers documentés dans l'étude ne sont pas dupés au sens strict. Plusieurs savent et disent explicitement que PARO est « un jouet », qu'il « a des piles » — tout en continuant, dans le même souffle, à lui parler comme à un être capable de ressentir et de répondre. L'anthropomorphisation programmée ne fonctionne donc pas en remplaçant la connaissance que le dispositif est une machine, mais en coexistant avec elle : la spectacularisation du comportement (le regard, la vocalisation, le mouvement) opère sur un registre affectif et relationnel qui n'a pas besoin d'emporter la croyance littérale pour produire son effet thérapeutique recherché. - Le contenu à relier (ressource physique, actant, conceptuelle)
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PARO (Therapeutic Robot)
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Dominique Michaud
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PARO - Therapeutic Robotic Seal (démo)
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PARO (Therapeutic Robot) |
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