Le médiateur ambigu : entre objet-prétexte et acteur de la relation
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- Le médiateur ambigu : entre objet-prétexte et acteur de la relation
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Le discours autour de PARO mobilise deux registres figuratifs en tension constante, sans jamais les résoudre l'un dans l'autre. D'un côté, le registre du vivant : PARO « répond comme s'il était vivant », imite le cri d'un véritable blanchon (bébé phoque), possède des paupières qui bougent et une fourrure conçue pour évoquer la chaleur animale. De l'autre, le registre clinique et technique : capteurs documentés (tactile, lumière, audition, température, posture), microprocesseur, protocoles d'usage encadrés par du personnel formé. Cette double appartenance n'est pas accidentelle : elle est précisément ce qui permet à PARO de fonctionner comme figure du médiateur — un rôle dramatique central dans la mise en scène du produit, qui dépasse le strict registre marketing pour être également repris et validé par le discours scientifique qui l'entoure.
Le caractère du médiateur que joue PARO, cependant, ne se stabilise jamais clairement entre deux positions possibles. Tantôt PARO est présenté comme un médiateur passif, au sens où un animal de compagnie ou tout objet partagé peut devenir prétexte à l'échange entre deux personnes : sa seule présence suffit à initier la conversation, sans que ses « réactions » propres soient nécessairement ce qui importe. Tantôt, au contraire, PARO est mis en scène comme un acteur actif de la relation : ses réponses (mouvements de tête, vocalisations, regard soutenu) sont interprétées comme des signes d'intention, voire d'affection, qui font de lui un participant à part entière de l'échange plutôt qu'un simple support inerte. Le discours promotionnel et le discours scientifique entretiennent cette ambiguïté plutôt que de la trancher : le terme même de « médiateur social », repris du vocabulaire de la recherche, désigne aussi bien l'objet-prétexte que l'interlocuteur simulé, sans qu'aucune des deux lectures ne soit privilégiée de façon stable.
Une étude qualitative menée en milieu hospitalier (Hung et al., 2021) illustre concrètement cette double position. Dans un cas, un patient demande directement à PARO « est-ce que tu m'aimes? », interprète ses mouvements comme une réponse affective, et en tire une validation de son identité — PARO agit alors comme acteur actif, presque interlocuteur. Dans un autre cas, le robot devient « objet de conversation » : sa présence permet au personnel d'amorcer un échange avec un patient nouvellement admis, sans que les réactions précises du robot soient ce qui importe — PARO agit alors comme simple prétexte, médiateur passif. Il est révélateur qu'un même patient puisse tenir les deux registres à la fois, affirmant traiter PARO comme un être à qui parler tout en précisant, dans la phrase suivante, qu'il « sait bien que ce n'est qu'un jouet ». Cette coexistence, plutôt qu'une contradiction à résoudre, semble être la condition même de l'efficacité relationnelle du dispositif.
Cette indétermination n'est donc pas une faiblesse du récit, mais sa condition de fonctionnement : c'est précisément parce que PARO peut être perçu, selon le moment et la personne, comme un simple animal-jouet facilitant l'interaction ou comme un véritable partenaire de dialogue, que le dispositif parvient à s'insérer dans des contextes de soin très différents (de l'enfant hospitalisé à la personne âgée atteinte de démence) sans que son statut ontologique — vivant, machine, ou entre-deux — ait jamais à être clarifié pour son usage clinique ou commercial. - Le contenu à relier (ressource physique, actant, conceptuelle)
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PARO (Therapeutic Robot)
- E-mail de la personne ayant créé cette relation / annotation
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Dominique Michaud
- Média(s) (partie gauche)
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PARO - Therapeutic Robotic Seal (démo)
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PARO (Therapeutic Robot) |
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