LILITH.AEON (éléments esthétiques)
Item
- titre du projet
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LILITH.AEON (éléments esthétiques)
- Date de production
- 2024
- genre de l'oeuvre
- Installation performative immersive, danse numérique et XR
- durée de l'oeuvre
- 60 minutes
- Style visuel
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Le style visuel de LILITH.AEON articule hyperréalisme et abstraction dans une tension constante entre reconnaissance et altération de l’avatar. Le personnage de Lilith, silhouette humanoïde à la peau laiteuse et aux mouvements volontairement relâchés, est rendu avec une précision plastique qui ne vise pas la naturalisation, mais au contraire son étrangeté. Cette instabilité perceptive convoque l’effet de la vallée de l’étrange (uncanny valley), sans chercher à le résoudre.
Le dispositif scénique (un cube LED de 3 x 3 mètres) agit comme une boîte de co-présence plutôt que comme un simple support de projection. Les silhouettes impressionnistes des spectateur·ices se superposent à l’image de Lilith, produisant un régime d’image composite où corps humains et corps numériques coexistent sans jamais se confondre. L’ensemble génère une esthétique de la présence spectrale : une figure visible et active, mais qui demeure hors d’atteinte.
- Esthétique chromatique dominante
- Les couleurs mobilisées sont froides et contrastée, volontairement désaturée, dominée par des bleus profonds, des blancs lumineux et des teintes glacées. L’arrière-plan, majoritairement sombre, tend vers le noir et fonctionne comme un espace d’absorption qui accentue la luminosité de la silhouette de Lilith. L’absence de couleurs chaudes ne relève pas d’un simple choix esthétique : elle produit une mise à distance sensible du vivant, inscrivant Lilith dans un régime post-organique (la figure étant cryogénisée) où la chaleur (au sens physiologique comme symbolique) semble avoir été évacuée.
- Textures dominantes
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Les textures reposent sur une opposition entre fluidité et rigidité. Le corps de Lilith se caractérise par une qualité organique : peau translucide, contours légèrement indécis, mouvements qui semblent glisser plutôt que s’articuler.
À l’inverse, le cube LED impose une texture modulaire, pixelisée, presque architectonique, qui rappelle constamment la matérialité technique du dispositif. Les environnements abstraits introduisent des textures minérales et froides (glace, pierre, poussière, etc.) qui prolongent cette sensation d’un monde figé ou en suspension.
Les silhouettes des spectateur·ices apparaissent quant à elles comme des empreintes fugitives sur le cube. Leur présence ne s’inscrit jamais durablement, mais participe d’un régime visuel de l’apparition et de la disparition.
- Style sonore
- La bande sonore, composée par Abul Mogard, déploie un environnement auditif continu. Nappes synthétiques étirées, drones profonds et résonances métalliques construisent une matière sonore qui ne guide pas l’action, mais qui constitue le milieu dans lequel évolue le personnage de Lillith. L’absence de voix ou de narration sonore explicite déplace l’écoute vers une attention diffuse, presque méditative. Cette dimension ambient participe à la construction d’une expérience quasi rituelle, où la dimension sonore agit moins comme support narratif que comme condition immersive.
- Présence/Absence de texte
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L’absence de texte empêche toute stabilisation interprétative rapide et maintient l’expérience dans un régime sensoriel et corporel, où le sens émerge de manière située et expérientielle plutôt que d’être imposé.
- Relation aux spectaeur.ices (immersif, passif, interactif, etc.)
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La relation au public est à la fois immersive, interactive et distribuée. Les spectateur·ices circulent librement autour du cube, sans point de vue privilégié ni position assignée.
Leurs mouvements sont captés en temps réel par un dispositif de caméras, puis intégrés au système, influençant le comportement de Lilith. Leurs silhouettes apparaissent simultanément, et de manière éphémère, sur les parois du cube, les inscrivant visuellement dans l’espace de l’œuvre.
Cette configuration produit une relation à plusieurs niveaux : contemplative (observer), corporelle (se déplacer), et surtout opératoire (projection et interférence sur les mouvements de l’avatar). Le public n’est pas seulement récepteur : il devient une condition d’activation du système, participant à la modulation de la performance sans jamais en avoir le contrôle total.
- Temporalité de l'oeuvre (ralenti, en boucle, linéraire, etc.)
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La temporalité est cyclique, non linéaire et générative. L’œuvre ne suit pas de progression dramatique classique : Lilith apparaît, évolue, se désagrège et réapparaît dans une structure en boucle, constamment reconfigurée par les données et les interactions.
Cette temporalité évoque moins un déroulement qu’un état : une forme de latence continue, qui fait écho à l’imaginaire de la cryogénie : un temps entre deux états, ni tout à fait vivant, ni tout à fait arrêté.
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| Title | Class |
|---|---|
LILITH.AEON |
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