Human in the loop (éléments esthétiques)
Item
- titre du projet
- Human in the loop (éléments esthétiques)
- nom de l'artiste
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Nicole Seiler
- Médias (vidéo, photos, etc.)
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Human in the loop / Bande-annonce
- Date de production
- 2023
- genre de l'oeuvre
- Danse sous instructions algorithmiques
- durée de l'oeuvre
- 65 minutes
- Style visuel
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Le dispositif scénique de Human in the Loop repose sur une esthétique de la transparence et de l’exposition. Le plateau, volontairement dépouillé, est simplement délimité par un tracé au sol qui circonscrit l’espace d’action sans chercher à le fictionnaliser. À cette économie de moyens répond la présence explicite de l’infrastructure technique : alignées sur le côté, les tables de régie ne sont pas dissimulées mais pleinement intégrées à la composition visuelle.
Cette visibilité n’est pas un simple choix fonctionnel, mais constitue le cœur de la proposition esthétique. En refusant toute illusion ou mise à distance, l’œuvre expose les conditions matérielles de sa propre production. Les écouteurs portés par les interprètes prolongent cette logique : ils matérialisent la connexion au système et rendent perceptible l’existence d’un flux invisible qui traverse les corps.
- Esthétique chromatique dominante
- La palette chromatique est structurée par un contraste net entre deux régimes. D’un côté, une lumière blanche, froide et homogène, évoque des stéréotypes associés à la technologie. De l’autre, les costumes des interprètes introduisent des motifs aux teintes vives qui contrastent avec l’espace physique dans lequel iels performent. Ce contraste ne relève pas uniquement d’un choix esthétique, mais participe d’une tension plus large entre standardisation et singularité. Les couleurs des corps apparaissent comme des variations imprévisibles au sein d’un dispositif qui tend vers l’uniformité.
- Textures dominantes
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L’œuvre se construit autour d’un contraste entre des textures organiques et des logiques mécaniques, mais ce contraste n’est jamais stabilisé. Les corps humains, loin d’incarner une fluidité expressive, apparaissent fragmentés, hésitants, parfois désarticulés. Les gestes ne se déploient pas comme une continuité maîtrisée, mais comme une succession d’ajustements, de corrections, de tentatives.
La machine, quant à elle, se dévoile non pas sous forme matérielle, mais à travers des régularités : répétition des consignes, cadence des instructions, structuration du temps. Ce qui émerge n’est pas une opposition simple entre humain et machine, mais une zone de friction où les corps semblent traversés par des logiques qui les dépassent. Le mouvement donne parfois l’impression de surgir malgré les interprètes, comme si l’initiative était déplacée hors du corps.
- Style sonore
- Le paysage sonore articule plusieurs régimes qui rendent perceptible la présence distribuée de l’IA. La voix synthétique constitue l’une de ces modalités : lorsqu’elle est diffusée dans la salle, elle donne accès directement aux instructions générées. À d’autres moments, ces mêmes instructions sont relayées par les interprètes eux-mêmes, qui les énoncent tout en dansant, introduisant un dédoublement entre action et verbalisation. À ces deux régimes s’ajoute un ensemble de sons plus abstraits qui ne décrivent pas des actions mais suggèrent une activité computationnelle en cours.
- Présence/Absence de texte
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Le texte occupe une place particulière dans l’œuvre, en tant qu’il n’est jamais mobilisé à des fins narratives ou dramatiques. Il apparaît exclusivement sous forme de consignes, produites par le système et parfois rendues audibles soit par la voix synthétique, soit par les interprètes eux-mêmes. Ce texte est donc avant tout opératoire : il ne raconte pas, il prescrit.
Sa verbalisation introduit néanmoins un décalage intéressant, dans la mesure où elle rend perceptible la structure linguistique des instructions tout en exposant leurs limites. Certaines consignes peuvent apparaître ambiguës, étranges ou difficilement traduisibles en mouvement, ce qui renforce leur dimension performative. La langue devient ainsi le médium d’une transmission imparfaite, située entre compréhension et opacité.
- Relation aux spectaeur.ices (immersif, passif, interactif, etc.)
- Le dispositif place le public dans une position de témoin actif d’un processus en cours. En rendant visible l’ensemble de l’infrastructure et en exposant les flux d’instructions, l’œuvre ne propose pas une immersion fictionnelle, mais une situation d’observation engagée.
- Temporalité de l'oeuvre (ralenti, en boucle, linéraire, etc.)
- La temporalité de Human in the Loop repose sur une articulation singulière entre répétition du protocole et singularité de chaque occurrence. Si la structure générale du dispositif reste stable, le contenu de la performance est renouvelé à chaque représentation, la partition étant générée le jour même. Il en résulte une temporalité double : linéaire à l’échelle d’une soirée, mais non reproductible d’une représentation à l’autre. Le processus de création et celui de la performance coïncident, abolissant la distinction entre répétition et exécution.
Linked resources
| Title | Class |
|---|---|
Human in the loop |
Event |
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