Human in the loop (éléments narratifs)
Item
- titre du projet
- Human in the loop (éléments narratifs)
- Nom de l'artiste
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Nicole Seiler
- Médias (vidéo, photos, etc.)
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Human in the loop / Bande-annonce
- Date de production
- 2023
- Genre de l'oeuvre
- Danse sous instructions algorithmiques
- duration de l'oeuvre
- 65 minutes
- Courte description du project
- Human in the Loop est une pièce chorégraphique dans laquelle une intelligence artificielle génère, avant chaque représentation, une partition de mouvements transmise en temps réel aux interprètes via des écouteurs. Loin de mobiliser une IA standard identifiable la compagnie a développé une interface sur mesure combinant plusieurs systèmes d’intelligence artificielle et des algorithmes spécifiques, conçus pour générer et piloter la pièce en direct. Le dispositif rend visible l’ensemble de la chaîne technique sur scène (ordinateurs, interfaces, régie) et expose simultanément le processus de création et son exécution. L’œuvre met en scène des corps confrontés à des instructions algorithmiques et interroge les dynamiques de pouvoir qui en découlent, ainsi que les marges de liberté et d’interprétation possibles au sein de ces systèmes.
- Enjeux et/ou intrigues
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L’œuvre ne développe pas une intrigue linéaire, mais organise une situation expérimentale dans laquelle se rejoue, à chaque représentation, la relation entre humain.es et systèmes algorithmiques. En confiant à une IA la génération des consignes chorégraphiques, Human in the Loop installe un régime d’indétermination où il devient difficile de distinguer ce qui relève de l’intention humaine et ce qui procède de la machine. La scène devient alors le lieu d’une négociation continue : les interprètes doivent traduire, interpréter et parfois composer avec des instructions instables, ambiguës ou difficilement exécutables.
Cette configuration fait émerger plusieurs lignes de tension : comment rendre une consigne opératoire lorsqu’elle résiste à l’interprétation, comment réagir face à des propositions qui excèdent les cadres habituels de la pratique chorégraphique, et jusqu’où suivre une instruction lorsque celle-ci devient problématique. L’œuvre déplace ainsi la question classique de l’autonomie des machines vers celle, plus diffuse, de leur influence sur les comportements qui est mise en scène. En ce sens, l’intégration progressive des logiques algorithmiques capables de structurer les comportements tout en se présentant comme neutres est au cœur de proposition.
- Personnages
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Les figures en présence ne sont pas des personnages au sens narratif classique, mais des instances opératoires inscrites dans un même dispositif. Les interprètes (Clara Delorme et Gabriel Obergfell) apparaissent comme des corps connectés, recevant et exécutant des instructions en temps réel, tout en les interprétant et en les rendant perceptibles.
Les régisseurs, visibles sur scène, participent également à cette configuration : loin d’être relégués en coulisses, ils sont intégrés à l’espace performatif et contribuent à rendre lisible l’infrastructure technique.
L’IA, enfin, ne se présente jamais comme une entité physiquement incarnée. Elle se manifeste à travers une multiplicité de médiations (voix synthétique, relais vocal des interprètes, signaux sonores, modulation des lumières) et apparaît comme une instance distribuée. Son « personnage » est celui d’une présence sans corps, instable, parfois cohérente, parfois déroutante, dont l’agentivité se situe dans sa capacité à organiser les conditions de l’action.
- Scénario
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Le déroulement de la pièce repose sur une procédure répétée et renouvelée à chaque représentation. En amont, un ensemble de paramètres dramaturgiques et de mots-clés est introduit dans le système, qui génère une nouvelle partition chorégraphique. Cette partition, inconnue des interprètes, leur est transmise en temps réel pendant la performance via des écouteurs.
Sur scène, les corps deviennent le lieu d’une traduction immédiate : ils exécutent, ajustent, hésitent, reformulent. L’IA, bien que non visible, traverse l’ensemble du dispositif. Elle s’entend parfois directement à travers une voix synthétique, parfois indirectement lorsque les interprètes verbalisent les instructions qu’ils reçoivent, et parfois seulement à travers des effets sonores ou lumineux qui en prolongent l’action.
Le scénario ne vise pas une progression dramatique, mais l’exposition d’un processus en train de se faire. Chaque représentation constitue ainsi une actualisation singulière d’un même protocole, où la génération, la transmission et l’exécution des consignes sont rendues simultanément perceptibles. L’œuvre transforme ainsi la scène en un espace d’expérimentation où se rejouent, de manière située et sensible, les conditions contemporaines d’interaction entre humains et systèmes algorithmiques.
Linked resources
| Title | Class |
|---|---|
Human in the loop |
Event |
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