Faits, perspectives, orientations : La (post) vérité n’existe pas
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Titre de la conférence
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Faits, perspectives, orientations : La (post) vérité n’existe pas
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Date de la conférence
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5 March 2021
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Résumé
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Cette présentation proposera de prendre envers les notions de post-vérité et de fake news la distance de trois décadrages. D’une part, les faits sont toujours des facta : même lorsqu’ils correspondent à une réalité attestée, ils ont été constitués comme « faits » par des dispositifs technico-idéologiques (de même que les data sont toujours des capta). Ensuite, les faits sont toujours vu à partir d’un nombre limité de points de vue : c’est la perspective dans laquelle on les voit/place qui leur donne une partie de leur signification. Enfin, la perspective elle-même ne peut conférer du sens qu’à partir d’orientationsgénérales (idéologies), structuratrices de valorisations qui sont toujours culturelles. Il résulte de ces décadrages que « la » vérité au singulier n’a jamais existé parmi les humains, et que la post-vérité est un faux problème, le vrai écueil sur lequel butent nos systèmes (mal-nommés) d’« information » étant avant tout celui de la pertinence. En revanche, les mutations du paradigme indiciaire (avec l’avènement des « deep fake »), la fluidification des reconnaissances d’autorité, et la capacité à assurer des chaines de référentialité fiables sont bel et bien des questions cruciales pour essayer de moins mal comprendre notre présent.
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résumé thématique généré par IA
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La conférence explore les enjeux épistémologiques et médiatiques entourant les notions de fake news, post-vérité et conspirationnisme. L'intervenant souligne l'importance de distinguer trois niveaux d'analyse : les faits, les perspectives et les orientations idéologiques. Il critique l'usage simpliste des termes 'fake news' et 'post-vérité', arguant que la désinformation a toujours existé et que la vérité est un horizon en constante construction. L'accent est mis sur la nécessité de repenser les pertinences médiatiques, souvent biaisées par des dynamiques toxiques et des perspectives dominantes qui occultent d'autres réalités, comme les féminicides comparés à l'assassinat médiatisé de Samuel Paty. L'intervenant appelle à une reconstruction des infrastructures médiatiques pour renforcer la capacité d'investigation et restaurer la confiance dans les autorités, tout en mettant en garde contre la marchandisation de l'attention qui pervertit le débat public. Il propose une réflexion sur l'importance des affects dans la médiation de l'information, soulignant que l'adhésion à des récits, qu'ils soient vrais ou faux, repose souvent sur leur capacité à créer du lien et à structurer des communautés. Enfin, il plaide pour une approche éthique et critique des perspectives opposées, tout en reconnaissant la complexité de maintenir un équilibre entre pluralité des opinions et quête de vérité.
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Citation tirée de la conférence
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Il n’y a pas de faits ; les faits sont des facta, des choses construites. (…) Il y a des faits qui sont des choses construites et présentées comme vraies, et des choses présentées comme des faits qui sont fausses.
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Le terme infaux résonne avec intox, voire avec intoxication. Cette intoxication par les nouvelles provient massivement des gouvernements dans l’histoire du XXᵉ siècle.
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La construction de faits objectifs consisterait à rendre accessibles les lointains, ces choses auxquelles nous n’avons pas d’accès direct. Ça, c’est de l’information, et c’est ce que font les médias, depuis ce que nous dit Marshall McLuhan : les médias sont des prolongements de notre système nerveux.
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Le remède aux fake news, ce serait d’expliciter les intermédiaires. Les intermédiaires, c’est bien une question de médias : expliciter les médias, les médiations, les intermédiaires.
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